INTERVENTION DE LA CFDT GRAND EST AU CNC Février 2020

Publié le 11/02/2020

Retrouvez l’intervention de Rémi BARDEAU, secrétaire régional de la CFDT Grand Est au Conseil National Confédéral de février 2020.


guillemet haut

Comment sans pour autant perdre de vue nos autres priorités, commencer cette intervention autrement qu’en abordant le dossier des retraites, c’est en effet le sujet qui monopolise le plus notre attention et cristallise nos inquiétudes.

Dans les territoires, nous travaillons dans trois directions : débattre en interne, faire connaitre nos positions et rencontrer les parlementairesBeaucoup de débats ont lieu. Les responsables de structure ne sont pas partout sollicités pour participer ou organiser des débats, mais ils sont souvent interpelés sur ce projet de réformeCes interpellations sont autant d’opportunité pour amorcer les échanges, proposer des interventions, élargir le cercle des participants dans les réunions. Outre les outils diffusés par la confédération, très appréciés, nos militants ont besoin de ce temps pour se ressourcer avant d’affronter la dureté des débats sur les lieux du travail et notre cohésion interne en est renforcée

Le 11 janvier, notre mobilisation n’avait pas l’ampleur suffisante pour représenter ce que nous sommes, néanmoins l’âge pivot a été retiré, preuve s’il en faut que l’efficacité de l’action syndicale ne dépend pas uniquement dunombre de personnes dans la rue. Malgré l’envie de montrer leurs désaccords avec certains points cruciaux de ce projet, nos militants ne veulent plus être noyés dans la masse des manifestants en dérive, ne veulent plus être confondus avec ceux qui hurlent des slogans éloignés de nos revendications, avec des propos très catégoriels, en contradiction avec nos valeurs. Comment va-t-on pouvoir peser dans ce climat actuel, avec un gouvernement embourbé de n’avoir pas été clair et précis dans son projet, coincé dans un calendrier qui n’est pas celui de la démocratie mais celui des échéances politiques ? Outre ce qui se fait actuellement, nos militants attendent d’autres formes d’expression pour porter nos revendications, qu’ils pourraient utiliser ? Rappelons-nous aussi que le gros travail engagé en direction de l’ensemble des parlementaires (sauf RN) est une forme de mobilisation. Sans doute faut-il la rendre plus visible. Les députés acceptent majoritairement de nous rencontrer, la question de l’équilibre financier des caisses est souvent posée, c’est un point à développer dans les argumentaires CFDT. 

Sur les violences et intimidations, elles ne nous feront pas changer de ligne. Nous avons exprimé publiquement notre détermination à protéger nos militants, par rapport à des actes d’agression ou de dégradation. Et s’il le faut nous irons en justice, tout en sachant garder mesure et sang-froid

Très peu d’adhérents se sont déclarés en désaccord avec les positions de la CFDT moins encore vont jusqu’à démissionner. Et la CFDT a une bonne image dans le public, qui ne se traduit pas pleinement en termes d’adhésions.

En GE le nombre de cotisations en 2019 sera en légère baisse, moins importante que les années précédentes, et avec de belles dynamiques par endroit, c’est quand même une nouvelle décevante

A l’occasion des CSE, de nouvelles sections se sont créées. Nous devons actuellement former massivement tous ces nouveaux élus et l’URI seule n’en a pas la capacité. Nous n’allons pas nous en plaindre car l’avenir de la CFDT se joue aussi dans la formation des nouveaux élus. Nous nous tournons vers les syndicats pour recruter de nouveaux animateurs et nous aider à relever ce défi. Le déploiement du dispositif ARC arrive au bon moment, mais une montée en puissance graduelle de la formation et des ressources, auxquelles nous participons, ne permettra pas de répondre en totalité aux besoins immédiats. La formation d’accompagnants établit de nouveaux modes de collaboration entre le pro et l’interpro, préparant notre fonctionnement futur. 

Autre action tournée vers l’avenir, le pacte de pouvoir de vivre a déjà un an. On remercie Laurent d’être venu avec d’autres signataires le présenter le 3 décembre dernier en Grand Est. C’est une fenêtre d’espoir pour les nouvelles générations, qui réconcilie des nécessités sociales et écologiques souvent misesdos à dos. Nos militants y adhérent pleinement. La prochaine étape et non des moindres c’est faire vivre le pacte en local, dans le quotidien de l’action syndicale.

Autre perspective moins optimiste, le front de l’emploi. Plusieurs secteurs risquent d’être impactés par la situation économique et le Brexit. L’automobile au nord de la région Grand Est est un pôle d’activité prédominant dans certains bassins. Tous les constructeurs ne sont pas pareillement impactés mais il faut s’attendre à devoir soutenir des équipes confrontées à des réductions d’effectifs. 

La fonction publique a aussi besoin de la solidarité CFDT pour défendre, avec ses agents, les conditions de travail dans les hôpitaux et le secteur de la santé. A Thionville, proche de la frontière, l’hôpital n’arrive plus à recruter, les médecins menacent de démissionner. Un point à mettre à l’actif de l’action CFDT, lors du comité d’évaluation du Plan Régional Santé, l’ARS Grand Est s’est engagée à partager avec les OS un diagnostic de la situation des hôpitaux sur chaque département et à parler anticipation. Action CFDT aussi, vendredi prochain, 14 février, les structures interpro s’associent aux syndicats santé sociaux pour décliner des actions un peu originales en direction des agents et de nos adhérents. 

Articuler en permanence le rapport de force et la propositionrefuser le fatalisme, trouver le chemin du progrès social, bref en ce moment plus que jamais on est fiers d’être à la CFDT.