INTERVENTION DE LA CFDT GRAND EST AU CNC Mai 2021

Publié le 19/05/2021 (mis à jour le 25/05/2021)

Retrouvez l’intervention de Sandrine MARX, membre du bureau régional de la CFDT Grand Est, au Conseil National Confédéral de mai 2021.

guillemet haut

Selon la Direction Générale du Trésor « L’activité mondiale devrait rebondir nettement en 2021, sous l’effet d’une amélioration progressive de la situation sanitaire ». C’est effectivement un schéma plausible que l’on pourrait observer dans le Grand Est.

En effet, le confinement de mars-avril 2020 a provoqué l’effondrement des capacités de production dans l’industrie, jusqu’à un taux de 37%, pour ensuite remonter fin 2020 aux alentours de son niveau d’avant-crise. Autre indicateur, l’interim, traditionnelle variable d’ajustement de l’emploi, a fortement repris dès janvier 2021.

Un an après le début de la pandémie, ces observations appellent donc une vision optimiste de la reprise économique, qui reste néanmoins conditionnée à l’évolution de la vaccination et aux nouvelles mutations du virus.

L’emploi chute, sauf dans la construction

26 600 emplois ont été perdus en 2020, effaçant les progressions de 4 années consécutives. L’industrie subit de lourdes pertes, le commerce continue de se rétracter. Seule la construction est à la hausse.

Autre source d’inquiétude, après une chute brutale et spectaculaire des défaillances d’entreprise en 2020, on peut craindre un brutal rattrapage lorsque cesseront les mesures de soutien à l’économie.

Enfin, les équipes témoignent régulièrement du fait que ces chiffres globaux ne rendent pas compte de l’extrême hétérogénéité des situations. Des entreprises sont à ce jour encore fermées, d’autres sont en activité partielle, d’autres enfin font un recours maximum aux heures supplémentaires et surtout aux modulations de temps de travail, avec au final une vraie intensification du travail.

Dans le même temps on sent monter ces derniers jours des mouvements de contestation catégoriels et finalement peu en lien avec les organisations syndicales traditionnelles.

Crise sanitaire, crise sociale, crise économique, crise écologique s’enchainent, alors que la crise démocratique monte, sur fonds de campagne électorale dans les départements et les régions, et que la campagne des présidentielles 2022 est d’ores et déjà lancée.

Dans ce contexte, il nous appartient, par notre action, à tous les niveaux, de montrer que la démocratie ne saurait se limiter à l’élection, mais devrait davantage s’appuyer sur les corps intermédiaires.

C’est ce que la CFDT essaie de jouer, dans les entreprises, où les élu.es affrontent les questions d’emploi, de compétences, d’organisation du travail, de conditions de travail, et demain, de transition écologique, le tout sur fond de crise économique.

Ce sont des pans entiers de l'économie qui vont devoir se transformer. Un exemple prégnant en Grand Est, la situation de la filière automobile avec la fin du moteur thermique. L’URI participe au travail de réflexion enclenché par la FGMM, la Fondation Nicolas Hulot et Syndex. Une autre action pour tenter de répondre à l’enjeu est le déploiement de Transco. Aujourd’hui Transco ne rencontre pas encore son public, mais entre la multiplication des réunions d'informations en direction des syndicats, le travail de lien avec les instances EFOP, le soutien de la Confédération pour une action ciblée GEPP, de nouvelles ouvertures avec la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) pour un travail sur deux bassins spécifiques, on va bien finir par y arriver.

Un travail initié par l’URI avec un syndicat et l’ARACT sur l’impact de la transition écologique sur les conditions de travail, montre à quel point les élus maitrisent mal l’arsenal règlementaire dont ils disposent déjà, pour faire avancer la RSE de leur entreprise. Il est plus que temps de les former à ces enjeux, avant qu’ils ne soient formés par d’autres, sans qu’on puisse en maîtriser le contenu.

Montrer la plus-value des acteurs de la société civile organisée dans les instances territoriales de dialogue.

Au sein du CESER (dont, au passage, la CFDT brigue la présidence), la deuxième partie de mandature, s’articulera autour des trois défis que sont la nécessité de repenser les modèles de production et de consommation, l'urgence de réorganiser le vivre ensemble, et l’impératif de réinventer les gouvernances et les pratiques démocratiques.

Au sein de la conférence sociale régionale, qui travaille sur le dialogue social en entreprise, la question de la situation des jeunes et des expérimentations territoriales, et qui s’est vu confier une mission de suivi des plans de relance, national et régional.

Enfin, au sein du groupe local du Pacte du pouvoir de vivre, désormais articulé autour d’un comité de suivi structuré, qui projette de rencontrer les candidats aux élections départementales et régionales, et qui a déjà rencontré certains maires des grandes métropoles régionales, notamment sur la question des jeunes.

 

A l’interne, un des enjeux de la période est de renforcer voire de recréer le lien ; lien entre les syndicats et leurs sections, le lien entre les structures interprofessionnelles et les syndicats, le lien avec nos adhérents.

L’interpro a organisé plusieurs débats dans le cadre de la Consult’. A chaque fois les débats sont riches ; cependant avouons que nous n’avons pas rassemblé autant d’adhérents que nous l’avions espéré. Les syndicats se sont malheureusement peu, voire pas, emparés de cet outil ; sans doute sont-ils sur-sollicités par le quotidien, sans doute y a-t-il aussi une crainte de ne pas maitriser l’exercice, malgré une proposition de co-animation par des militants interpro.

Dans la période, l’URI finalise sa réorganisation entamée avec son congrès de création. L’ensemble des UD devraient être transformées en UTI début juillet. La question du lien et de la communication interne, pour que l’ensemble des outils atteignent leurs cibles, sera un beau challenge pour les nouveaux collectifs, chargés d’animer les territoires, tout comme le lien à trouver entre le Bureau Régional et les territoires. Réussir la proximité reste une gageure dans une région aussi vaste. C’est à la fois un enjeu d’efficacité, l’ADN de notre type de syndicalisme, la condition du développement et un enjeu démocratique. C’est un défi qu’il nous faut continuer à relever si nous ne voulons pas être demain « un colosse aux pieds d’argiles ».

Une équipe reconfigurée, va, à partir de juillet, lancer les bases de la future mandature, pour une présentation des premières propositions aux syndicats, lors du Conseil syndical régional de novembre.