Unanimité face à la crise : il faut faire vite !

Publié le 23/07/2009
La crise est-elle l'occasion de revisiter le dialogue social territorial ? Les dangers qui guettent, notamment les plus fragilisés des salariés, ont décuplé les énergie pour mettre en place des pare-feu adaptés. Le point de vue des partenaires sociaux recueillis par Béatrice Sarazin pour la revue Travail et changement n° 326 juillet/aoput 2009.
Unanimité face à la crise : il faut faire vite !
Unanimité face à la crise : il faut faire vite !
La crise est-elle l'occasion de revisiter le dialogue social territorial ? Les dangers qui guettent, notamment les plus fragilisés des salariés, ont décuplé les énergie pour mettre en place des pare-feu adaptés. Le point de vue des partenaires sociaux recueillis par Béatrice Sarazin pour la revue Travail et changement n° 326 juillet/aoput 2009.

Extrait de Travail et Changement n° 326 juilllet/août 2009 - Point de vue d'Alain GATTI secrétaire général de la CFDT Lorraine

La récurrence des difficultés économiques de la Région Lorraine explique-t-elle la rapidité d'action des partenaires sociaux locaux ?

Notre habitude de travailler sur des dossiers délicats avec l'Etat et la Région, comme récemment avec Gandrange, joue en notre faveur. Les rencontres entre les partenaires sociaux lorrains sont régulières et permettent de construire une vision partagée. Même s'il existe des points de désaccord, nous savons avancer ensemble. Cela a été le cas pour l'accord proposant, à travers la formation professionnelle, une alternative aux difficultés des entreprises et des salariés face à la baisse d'activité. Tous les partenaires - organisations syndicales et patronales, préfecture, direction du Travail, Région, Afpa, OPCA, Agefos Pme - avaient conscience de devoir agir vite. La CFDT a proposé la mise en place du dispositif et l'accord a été bouclé en trois mois.

Comment allez-vous le décliner de manière opérationnelle ?

Nous avons mis en place un comité de pilotage chargé d'un suivi mensuel. Nous avons aussi insisté sur une évaluation régulière pour mesurer ce que produit l'accord afin de réajuster, si besoin, le dispositif. L'accord concerne les entreprises de moins de 250 salariés, les salairés peu qualifiés et les moins bien rémunérés. Dès qu'il y a une demande, l'OPCA et l'Afpa définissent les besoins de l'entreprise et construisent un dispositif adapté. La Région prend en charge le coût des salaires. Il faut éviter l'effet d'aubaine pour ne pas aider des entreprises qui utiliseraient le dispositif pour licencier. Nous avons été confrontés à ce cas : nos critères ont permis de repérer l'entreprise incriminée. Mais il s'agit d'une situation d'exception. Beaucoup d'entreprises ont de réelles difficultés de survie et cela impose de trouver des réponses partagées entre partenaires sociaux, au-delà des antagonismes classiques... En moyenne, 35 000 euros sont engagés par projet. La question est de savoir combien nous parviendrons à en financer. La dynamique de l'accord doit servir de levier pour mobiliser d'autres ressources, en particuliers celles du Fiso (Fonds d'investissement social).

Est-ce difficile de parler organisation et compétences en ce moment ?

Nous avons la conviction que c'est maintenant que se construit l'action sur le long terme. Cette crise est exceptionnelle par son ampleur. Il faut être conscient que rien ne sera plus comme avant et que les métiers de l'industrie, par exemple, ne seront pas forcément les mêmes demain. Dans ce contexte, la question des conditions de travail doit être en permanence gardée à l'esprit. Surtout, celle de la sécurisation des parcours est fondamentale : il y a besoin de réaffirmer les compétences, de revenir aux fondamentaux pour que, à la sortie de la crise, les salariés soient adaptés. L'accord lorrain participe à cela en créant une dynamique teritoriale nécessaire pour passer cette période difficile.