« Cette fois, les postiers sont au taquet »

Publié le 03/02/2011
Pas de courrier dans les boîtes aux lettres hier, et peut-être encore ce matin. Un vaste mouvement de grève paralyse la plate-forme de tri de Homécourt depuis mercredi, 5h30. En cause, une charge de travail jugée « trop lourde ».
« Cette fois, les postiers sont au taquet »
« Cette fois, les postiers sont au taquet »
Pas de courrier dans les boîtes aux lettres hier, et peut-être encore ce matin. Un vaste mouvement de grève paralyse la plate-forme de tri de Homécourt depuis mercredi, 5h30. En cause, une charge de travail jugée « trop lourde ».

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 03 Février 2011 / MMN /

 

Les postiers ont bloqué les camions apportant le courrier à la plate-forme de Homécourt. Photos Frédéric LECOCQ

Des dizaines de voitures agglutinées autour du rond-point. Des postiers les bras chargés de bois mort pour alimenter un feu à l'entrée de la plate-forme de tri postal de Homécourt... Hier matin, aucun courrier n'a été distribué sur un secteur allant de Sainte-Marie-aux-Chênes à Piennes en passant par Briey.
5h30

Les premiers postiers arrivent à la plate-forme de tri, mais pour eux, pas question de prendre leur poste. « Un préavis de grève a été déposé il y a cinq jours, et une pétition a circulé. On réagit par rapport à nos conditions de travail », avance Alain Bonanséa, du syndicat Sud. Résultat : quasiment tous les postiers sont restés à l'extérieur.

6h

Trois camions gorgés de lettres et autres colis arrivent depuis Metz. Les grévistes leur refusent l'accès. Retour à l'envoyeur.

8h

Devant la plate-forme de tri, les postiers sont rejoints par leurs collègues de Jarny. « Quatre organisations syndicales nous soutiennent : FO, Sud, CGT et CFDT », explique une factrice visiblement remontée contre la direction de La Poste. Les revendications portent sur plusieurs points. D'abord, les indemnisations liées aux intempéries. « Au maximum, les gens récupèrent sept heures s'ils ont bossé du 13 au 31 décembre. Alors qu'on a beaucoup donné... », plaide Roselyne Wlodarczyk. Ensuite, il y a la fameuse 'sécabilité'.

« Chaque facteur se retrouve 17 semaines dans l'année avec un bout d'un autre tournée en plus. Il y a moins de postes et le trafic reste le même contrairement à ce que la direction avance. On veut le comblement des postes vacants car la charge de travail est trop lourde ! »

8h45

Les représentants syndicaux retournent à l'intérieur du bâtiment pour solliciter un nouvel entretien avec le directeur de l'établissement Benoît Dumont. L'entrevue dure une dizaine de minutes, mais le blocage persiste.

« La direction a un préalable : qu'on laisse entrer les camions, mais nous, on refuse. De toute façon, hormis les quelques CDD, il n'y a personne pour s'occuper du courrier », évoque Alain Bonanséa. Benoît Dumont, lui, ne cède pas d'un pouce.

11h15

Le maire de Homécourt, Jean-Pierre Minella, se rend sur place. « On a obtenu une nouvelle entrevue avec le directeur », ponctue Alain Bonanséa, satisfait. Les syndicalistes ont ainsi pu faire fi du préalable à toute négociation : la levée du blocus à l'entrée de la plate-forme. Mais les deux parties n'ont pu trouver d'accord. Ça achoppe essentiellement au niveau du nombre de semaines de 'sécabilité'.

12h

Les postiers grévistes votent la reconduction de leur mouvement. Rendez-vous est donné ce jeudi, 5h30, pour à nouveau bloquer l'arrivage du courrier. Les postiers ne désarment pas et ne plient pas bagages. Une toile de tente devrait faire son apparition sur le site. Histoire de se prémunir davantage du froid. « Cette fois, on ne cédera pas, les gens sont au taquet. »

Olivier Chaty.