«Un risque de radicalisation»

Publié le 11/10/2010
CGT-CFDT-CFTC-CGC-FO-FSU-UNEF et UNSA, appellent à manifester demain à 14 h place Carnot
«Un risque de radicalisation»
«Un risque de radicalisation»
CGT-CFDT-CFTC-CGC-FO-FSU-UNEF et UNSA, appellent à manifester demain à 14 h place Carnot

 

 

Photo ER

L'intersyndicale 54 dressée contre la réforme des retraites ne croit pas à l'essoufflement du mouvement.

« Les gens ont encore envie d'en découdre ». C'est la FSU qui le dit, par la bouche de François Wey, mais c'est toute l'intersyndicale qui le pense. « On a été agréablement surpris par la manif du 2 octobre », confirme Boris Deshayes (CGT). « Si bien qu'à notre avis, aujourd'hui, le risque est moins grand d'un essoufflement que d'une vraie radicalisation. »

Avec « 40.000 manifestants » répertoriés par leurs soins à Nancy en ce fameux samedi social, ils ont vu converger de nouvelles troupes derrière les bannières dressées contre la réforme des retraites. En particulier des familles, qu'ils espèrent bien voir revenir sur le pavé dès mardi prochain. Et d'autres avec elles...

« Notamment des jeunes, lycéens et étudiants, qui commencent sérieusement à s'intéresser au problème », constate Jean-Pierre Balberde, de l'UNSA. Une AG serait même prévue en ce sens à la fac de lettres, à l'appel de l'UNEF mardi midi.

Et tous de prophétiser pour cette nouvelle journée de grève-manif, en plus d'une forte mobilisation, un possible changement de ton. « Parce que les frustrations de toutes parts pourraient s'exprimer ce jour-là », suggère Francis Bourgeois, de la CFE-CGC. « Liées au chômage des jeunes, au déremboursement des médicaments... ça fait deux ans qu'on nous sort l'argument de la crise pour faire passer toutes les pilules, mais les gens ne sont plus prêts à les avaler. »

Vers la grève générale ?

Sur le dossier principal, ils ne voient aucune avancée susceptible d'apaiser la grogne. « De simples hochets ridicules », s'emporte même l'UNSA. « C'est de la fumisterie de la part du ministre Woerth. »

D'autres parlent de « mur », sur lequel ils n'ont pas peur de se casser les dents. Quand bien même les sénateurs voteraient la réforme en force et dans la précipitation. « Rappelez-vous qu'à propos du CPE, le fait que le projet ait été bel et bien voté n'a pas empêché le gouvernement, finalement, de reculer. Et ça, on le devait à la solidarité du mouvement. »

Déjà, le front des opposants à la réforme prépare le lendemain du 12. Et bat le rappel directement dans les entreprises. « Les cheminots du département et la Connex ont voté la grève du 12, reconductible », précise Denis Hassler, de la CFDT. « Ensuite, on organisera des AG, partout », promet pour sa part la CGT. « Le soir même peut-être. Tout est maintenant question de rythme. » Jusqu'à pousser vers la grève générale dont on agite le spectre ?

Les représentants en manipulent l'idée avec des pincettes. Mais ne rejettent pas, en revanche, la possibilité de programmer une autre manif dès le samedi 16 octobre. « En attendant, la date du 12 sera une des dates les plus cruciales du mouvement », prévient Denis Hassler. Car elle sonnera le début de la fin... soit pour le mouvement, soit pour la réforme !