1 % LOGEMENT - Le conseil d'administration d'Aliance suspendu

Publié le 23/06/2009
Le ministère du Logement a frappé fort. La directrice d'Aliance Françoise Pionneau, est mise à pied de manière conservatoire. La gestion est pointée du doigt.
1 % LOGEMENT - Le conseil d'administration d'Aliance suspendu
1 % LOGEMENT - Le conseil d'administration d'Aliance suspendu
Le ministère du Logement a frappé fort. La directrice d'Aliance Françoise Pionneau, est mise à pied de manière conservatoire. La gestion est pointée du doigt.

Le ministre du Logement n’a pas attendu longtemps. Une semaine après un nouveau rapport sur la gestion particulièrement critiquée d’Aliance, un collecteur du 1 % logement, Christine Boutin a signé un arrêté suspendant le conseil d’administration d’Aliance. Il a été signifié hier matin au siège social de l’entreprise, situé à Vandœuvre-lès-Nancy, par des fonctionnaires du ministère, accompagnés de policiers, selon un membre du comité d’entreprise.

Enquête de la PJ

Dans le même temps, Françoise Pionneau, la directrice d’Aliance, a été mise à pied de manière conservatoire. Là aussi, des fonctionnaires dépendant du ministre du Logement lui ont signifié cette décision. Françoise Pionneau, qui n’a pu être jointe, a toujours assuré avoir eu une gestion rigoureuse. L’Agence nationale pour la participation des employeurs à l’effort de construction (Anpeec), qui chapeaute les 1 % logement, ne partage pas cet avis.
Le 16 juin dernier, elle a rendu son rapport. Il ne se démarque guère de celui déjà connu de la Cour des comptes. La direction est dénoncée pour son train de vie élevé, avec des locaux parisiens trop chers et des salaires importants. Les relations avec un expert-comptable parisien, Didier Lamy, sont aussi l’objet de nombreuses remarques. Ses prestations ont été facturées, très chères, sans mise en concurrence. Il aurait reçu jusqu’à trois millions d’euros.
De plus, le site d’Aliance, Aidologement, est propriété du même Didier Lamy et de son épouse. Il aurait bénéficié au total de dix millions d’euros. L’Anpeec y voit une «confusion des intérêts ». Toutes ces critiques ont fait l’objet de dénégations de la part de la direction d’Aliance. Mais les deux rapports successifs, dont l’un a déclenché une enquête judiciaire confiée au SRPJ de Nancy, ont visiblement convaincu le ministre du Logement de ne pas tergiverser.

Julien BÉNÉTEAU.
Publié le 23/06/2009 (France et Monde)


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