Accueil d'urgence à sec

Publié le 23/10/2010
Les associations de lutte contre les exclusions sont à nouveau descendues dans la rue, hier à Nancy. Le plan hivernal n'est toujours pas financé.
Accueil d'urgence à sec
Accueil d'urgence à sec
Les associations de lutte contre les exclusions sont à nouveau descendues dans la rue, hier à Nancy. Le plan hivernal n'est toujours pas financé.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 23 Octobre 2010 / MMN
 
Hier, place Maginot à Nancy, près de quatre cents travailleurs sociaux de toute la Meurthe-et-Moselle ont manifesté leur colère. Photo Anthony PICORÉ

les caisses de l'accueil d'urgence sont vides. Même la préfecture l'admet. Elle a demandé des budgets complémentaires pour faire face au plan hivernal. Hier, elle n'avait toujours pas de nouvelles de l'État, malgré les annonces de l'UMP locale.

Les deux députés, Valérie Rosso-Debord et Laurent Hénart, assurent avoir décroché une rallonge de 3,7 millions d'euros (MEUR) pour la région, dont 1, 514 MEUR pour le département. Mais cela ne comblera pas tous les déficits.

Alisés dans le rouge

Hier, place Maginot à Nancy, près de quatre cents travailleurs sociaux de toute la Meurthe-et-Moselle ont manifesté leur colère devant les caisses vides de leurs associations. Les points d'accueil d'urgence, les centres d'hébergement et de réinsertion sociale étaient en grève.

« Tout est démantelé. Malgré les annonces, l'État grappille sur nos missions », dénonce l'intersyndicale CGT, CFDT, FO et Sud. Pour son accueil d'urgence 2010, l'ARS a besoin de 3,2 MEUR, soit un peu plus que la somme - 3 MEUR - versée par l'Etat via la Région pour la Lorraine.

Dans le Pays-Haut, Alisés, association pour un lien social et des espaces solidaires, vit des heures difficiles. La petite structure serait, selon l'intersyndicale, au bord du dépôt de bilan. « Nous arrêtons notre accueil d'urgence dès le 1er novembre, on ne peut plus payer les hôtels », confient des travailleurs sociaux de l'association implantée à Longwy et Briey.

Le directeur départemental de la cohésion sociale, Daniel Bouffier, n'a pas beaucoup de solution dans sa besace. Il reconnaît « un gros souci financier ».

Son service a reçu 1,479 MEUR, accordé par le ministère d'Eric Besson. « Cet argent sera distribué très rapidement », assure-t-il. Mais Alisés ne devrait pas beaucoup en bénéficier.

La préfecture a récupéré aussi d'autres crédits qui pèsent quelques centaines de milliers d'euros. Mais il lui manque toujours les 2,330 MEUR de la lutte contre les exclusions au titre des services de Benoist Apparu. Cet argent n'encadre que l'accueil d'urgence. « Actuellement, on ne peut pas financer les associations et le renforcement hivernal. Soit les structures peuvent avancer les fonds, soit elles arrêtent l'activité », reconnaît Daniel Bouffier.

Une rencontre, hier matin, avec des représentants de l'administration centrale, a permis de mettre les problèmes à plat. « Nous sommes à la recherche de crédits complémentaires. » Mais, pour l'instant, à une semaine du lancement du plan hivernal, il n'y a pas d'argent.

A la question que vont devenir les gens pris en charge par les associations sans le sou, le directeur de la cohésion sociale ne peut que répondre « je ne sais pas », mais il n'envisage pas que l'Etat ne tienne pas parole.

M.-O. N.