Barbecue solidaire

Publié le 30/03/2012
L'intersyndicale avait appelé au boycott de la cantine.
Barbecue solidaire
Barbecue solidaire
L'intersyndicale avait appelé au boycott de la cantine.

© L'Est Républicain, Vendredi le 30 Mars 2012 / 24 heures Meurthe-et-Moselle / Nancy

 

140 convives ont apporté leur soutien à leur caissière-serveuse.

 Villers-lès-Nancy. Large succès populaire pour le barbecue organisé hier au restaurant interentreprise du boulevard Cattenoz à Villers-lès-Nancy. Pas vraiment un menu spécial concocté par API, la société prestataire, mais un repas en forme de boycott de la cantine, préparé par l'intersyndicale de l'UFR France Télécom-Orange de Nancy. CFDT, CFTC, CGT, FO et SUD, tous unis et mobilisés pour défendre la cause de Nathalie qui apprend, il y a dix jours, qu'elle est atteinte d'une sclérose en plaques. « J'en ai informé aussitôt la direction qui m'a avisé de son intention de me muter sur un site de Vandoeuvre pour travailler de 12 h 30 à 14 h 30, puis de 15 h à 20 h à Neuves-Maisons. Le lendemain on me proposait un avenant à mon contrat, en clair on ne me laissait pas le choix. J'ai refusé de signer. Pour la médecine du travail, il est d'ailleurs hors question que j'exerce plus loin. Je réside à Delme, soit déjà 90 km aller-retour chaque jour. » Au nom de l'intersyndicale, Noël Barroyer dénonce « la politique d'une entreprise coutumière du fait. En quelques mois, un cuisinier a été poussé à la démission, une serveuse a anticipé son départ à la retraite et un plongeur a été licencié pour refus d'une mutation d'office(... )Concernant Nathalie, nous avions demandé une réunion tripartite entre France Télécom, API et l'intersyndicale afin d'obtenir la suspension de la mutation puis d'entamer des discussions. Mais API s'est opposé à nos propositions ».

Par la voix d'Alain Thomas, attaché de presse à Orange Est, l'opérateur indique « ne pas communiquer sur la situation d'une salariée d'une entreprise tiers ». Une position à la Ponce Pilate selon Noël Barroyer pour qui « France Télécom s'en lave les mains ». Pour François Delobel, directeur régional API : « Nos interlocuteurs ce sont les syndicats et les délégués d'API, pas les syndicats de France Télécom qui enveniment les choses (...) Cette salariée est dans une situation difficile. Elle subit, elle est mal à l'aise et se pose beaucoup de questions ». Nathalie précise : « Depuis ce matin (hier) et la diffusion du tract, les syndicats de chez API m'ont contactée, ainsi que M. Delobel à deux reprises. Il souhaite me voir, mais je suis en arrêt, c'est trop tôt pour moi ». Elle aimerait surtout conserver son poste ou se rapprocher de Delme. François Delobel disait hier après-midi « vouloir garder Nathalie sur un autre site plus adapté de l'agglomération nancéienne, avec une grosse part administrative », en prenant en charge « les kilomètres supplémentaires ». Une proposition en forme d'ouverture au dialogue.

De notre correspondant local Yannick OVERNEY