CHU : la pilule passe mal

Publié le 06/10/2010
Le conflit des brancardiers révèle, selon la CFDT, certains dysfonctionnements au CHU de Nancy.
CHU : la pilule passe mal
CHU : la pilule passe mal
Le conflit des brancardiers révèle, selon la CFDT, certains dysfonctionnements au CHU de Nancy.

 

Les brancardiers ont manifesté bruyamment, hier matin, devant la direction du CHU.

Photo Patrice SAUCOURT

 

La cure d'austérité imposée depuis deux ans au CHU de Nancy donne de premiers résultats encourageants, au niveau financier, mais provoque des effets secondaires que le malade n'apprécie guère !

Une cinquantaine de brancardiers ont bloqué l'avenue de Strasbourg, hier matin, devant les bureaux de la direction. Ils protestaient contre les kilomètres de passerelles qu'ils sont contraints d'emprunter avec fauteuils et brancards, depuis l'ouverture de l'hôpital Philippe Canton, qui regroupe les anciens établissements de Maringer et de Toul, 2 km au dessus des blocs techniques de la grande barre historique du site de Brabois (notre édition d'hier).

On ne fait plusle ménage...

Mais il ne s'agirait que d'un exemple parmi divers dysfonctionnements provoqués par les regroupements de services et les coupes dans les effectifs, selon Alex Gorge, délégué CFDT du CHU de Nancy.

Au service d'hématologie, le ménage n'est plus effectué quotidiennement, depuis le milieu de l'été, pour cause de manque de personnel. « Dans ce service, on constate aussi un retard important dans les changes et un manque important de matériels, lavettes, papier toilette, gants de toilette... » affirme le délégué CFDT.

Au service d'accueil des urgences de l'hôpital Central, le psychologue, en poste depuis huit ans, a été licencié pour motif économique.« Pourtant, s'il existe un service où un psychologue est indispensable, c'est bien à l'accueil des urgences ! » Alex Gorge dénonce une suppression de poste « inadmissible », et d'autant plus incompréhensible que c'est le CHU qui doit règler les deux années d'indemnités chômage du psychologue et sa prime de licenciement de 7.000 EUR.

Travail à flux tendu

Et de citer, encore, l'exemple de l'hôpital long séjour, à Saint-Julien, où les personnes âgées alitées ne bénéficient plus d'infirmière de nuit, depuis la semaine dernière. Une aide-soignante est désormais chargée d'alerter les infirmières de l'établissement voisin, en cas de problème. « Nous n'avons plus aucune marge de manoeuvre. Nous travaillons à flux tendu. En cas d'absence inopinée, les services ne peuvent plus tourner, et la direction rappelle les gens en congé ou en RTT. Certains enchaînent quatre week-ends d'affilée.»Alex Gorge réclame une étude sur les charges de travail des 7.000 salariés du CHU de Nancy. Le ratio d'emploi des infirmières est, par exemple, d'une professionnelle pour douze lits, quand ce ratio est de 2 pour 15 patients à Toulouse, ou de 3 pour 24 à Marseille.

Pour pallier les dysfonctionnements, la CFDT préconise la création « d'équipes de secours composées de professionnels », qui permettraient de compenser les absences, manques de personnels. Et non au recours aux CDD, qui ont augmenté de 13 %, en deux ans.