CHU : les grévistes font bloc

Publié le 06/04/2012
ILS SONT TOUS LÀ, ou presque, dans la cour d'honneur de l'hôpital Central, sous les fenêtres de la direction, en uniforme, rangs serrés, tambour battant.
CHU : les grévistes font bloc
CHU : les grévistes font bloc
ILS SONT TOUS LÀ, ou presque, dans la cour d'honneur de l'hôpital Central, sous les fenêtres de la direction, en uniforme, rangs serrés, tambour battant.

© L'Est Républicain, Vendredi le 06 Avril 2012 / 24 heures Meurthe-et-Moselle / Nancy

 
 
Hier, dans la cour d'honneur de l'hôpital Central, débrayage du personnel des blocs opératoires. Photo Pierre MATHIS

Encore plus bruyants qu'une bande de supporters de foot. Ils portent d'ailleurs les couleurs des différents services, qui vont du vert pâle au mauve. Ils disent en avoir assez de « faire toujours plus avec moins de moyen ». « Le volontariat, ce n'est pas du bénévolat », rappelle une pancarte qu'une des grévistes tient dans les mains.

80 % de grévistes

80 % des quelque 300 membres du personnel des blocs opératoires de l'hôpital d'enfants ont répondu à l'appel de la CFDT. Leurs revendications portent principalement sur « le manque d'effectifs » après le transfert des services de neurochirurgie et d'ophtalmologie pédiatriques en 2010 à Brabois. « Nous ne remettons pas en cause le regroupement des services, mais nous travaillons aujourd'hui à flux tendu », explique Mme Ribeiro, infirmière anesthésiste, déléguée CFDT. « Et la situation n'est plus tenable ». Le syndicat dénonce des « heures supplémentaires non payées », des « journées de travail interminables », des cadences insoutenables. Bref, une « dégradation des conditions de travail » liée à un « manque d'effectifs », un « manque de formations aux nouvelles spécialités » et à certaines erreurs de conception. « La distance entre le bloc opératoire et la salle réveil, par exemple, est beaucoup trop grande, c'est une charge de travail inutile ».

Les agents de service hospitalier en charge de la désinfection des blocs seraient surmenés : « La surface qu'elles ont à traiter a doublé avec la réorganisation ! »

Résultat : « Le personnel est de plus en plus stressé et les arrêts maladie augmentent. Du coup, la charge de travail pour le personnel restant augmente aussi. C'est un cercle vicieux ! »

Le syndicat fustige « l'absence de réponse aux 9 problématiques soulevées » lors du dernier Comité technique d'établissement du mois de décembre. « La direction, qui voit bien le ras-le-bol, nous promet des réunions. Nous, on veut des effectifs ! ».

Ils ont été entendus. Une délégation a été reçue à 15 h par la direction qui confirme dans un communiqué de presse « un recrutement en cours d'infirmiers et d'agents de service hospitalier », « la poursuite d'action de formation » et d'autres mesures. Que les familles des patients se rassurent : la continuité des soins a été assurée par les « assignés ».

S. L.