Coca-Cola en ébullition

Publié le 24/11/2012
Conflit - Débrayage devant la direction Grand Est à Ludres qui serait menacée de disparition
Coca-Cola en ébullition
Coca-Cola en ébullition
Conflit - Débrayage devant la direction Grand Est à Ludres qui serait menacée de disparition

© L'Est Républicain, Samedi le 24 Novembre 2012 / Nancy 
  
Hier après-midi, au Dynapôle de Ludres. Photo Michel FRITSCH 

À LA CFDT, ON A LE SENS DE LA FORMULE : « Coca-Cola avant, c'était normal, puis c'est devenu light, maintenant c'est zéro », peut-on lire sur une banderole à l'entrée de la Direction Grand Est, au Dynapôle de Ludres, où le syndicat a dressé un piquet de grève hier après-midi pour protester contre un plan de sauvegarde de... la compétitivité.

Le site de Ludres n'emploie qu'une quinzaine de « personnels administratifs » mais gère la commercialisation et le marketing du fameux soda dans 13 départements de la grande région. Et dont dépendent environ 120 salariés précise Patrick Guifra : « Ils ont en charge la grande distribution, les bars, hôtels restaurants les distributeurs automatiques, les fast-foods... Ils suivent le mouvement de débrayage à hauteur de 40 % ».

Taxe sur le soda mal digérée ?

La grève fait suite à l'annonce en octobre d'un plan de « réorganisation » qui se traduirait par la suppression de 172 postes et la fermeture de sept directions régionales. « En septembre, ils avaient annoncé la délocalisation d'une partie du service financier d'Issy-les-Moulineaux en Europe de l'Est. » Le plan intervient alors que les dividendes n'ont jamais cessé d'augmenter durant ces cinquante dernières années. Et tout particulièrement « en 2010 et 2011 où 5,7 milliards d'euros ont été reversés aux actionnaires ! Jusqu'alors, ils n'avaient versé que 2,6 milliards d'euros en vingt-trois ans ». En parallèle à ces débrayages, la CFDT a entamé un recours juridique. « Ce plan est un message adressé aux gouvernements en réponse à la taxe sur les sodas », croit savoir Patrick Guiffra, élu CFDT. En résumé : « Quand Coca Cola va bien, c'est les employés qui trinquent ».

Il y aura bien 172 suppressions de postes mais aucun licenciement selon la direction de Coca-Cola Entreprise qui justifie ce plan par la nécessité de s'adapter au marché (hausse du prix des matières premières et baisse du pouvoir d'achat des consommateurs). « Nous privilégierons les redéploiements internes [...]pour limiter les licenciements », précise la direction nationale. « En tout état de cause, chaque salarié concerné sera accompagné individuellement jusqu'à ce qu'une solution d'emploi durable lui soit proposée et il n'y aura aucun licenciement sec. Le processus de consultation des représentants du personnel est en cours et nous avons à coeur de maintenir un dialogue social transparent et constructif. » Le mouvement n'a aucune incidence sur la production.

Saïd LABIDI