Cure d'austérité accrue pour l'hôpital ?

Publié le 26/04/2012
En trois ans, le centre hospitalier mussipontain a réduit son déficit de façon spectaculaire sans toucher à son personnel. L'ARS en exige plus.
Cure d'austérité accrue pour l'hôpital ?
Cure d'austérité accrue pour l'hôpital ?
En trois ans, le centre hospitalier mussipontain a réduit son déficit de façon spectaculaire sans toucher à son personnel. L'ARS en exige plus.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 26 Avril 2012 / Région /

 

 
Le centre hospitalier de Pont-à-Mousson a serré les boulons. En trois ans, son trou de près de 4 millions d'euros s'est résorbé à 1,5 million. Pour parvenir à ce tour de force, son directeur, Jean Lefebvre, a revu tous les contrats, a tout renégocié, traqué les plus petites économies. Cette remise à flots des finances de l'hôpital « n'a jamais touché le personnel », se félicitent Joëlle Schoor et Emmanuelle Siffert, respectivement secrétaire et secrétaire adjointe de la section CFDT du Centre hospitalier (CH).

Mais, pour l'Agence régionale de santé (ARS), le redressement ne semble pas aller assez vite. Il y a quelques semaines, à cause du déficit, l'ARS « a demandé au directeur de faire des économies sur la masse salariale », s'alarment les deux syndicalistes.

Selon les calculs de l'Agence qui s'est retranchée derrière des quotas, l'hôpital devrait se séparer « de dix-huit personnels soignants, infirmières, aides-soignantes et agents hospitaliers ». L'ARS a fait ses comptes en se basant sur un taux de remplissage du CH de 85 %, « mais nous en sommes à 97 % ». La proposition de l'ARS est d'autant plus incompréhensible pour les salariés que le CH ouvre, début mai, un nouveau service de soins de suite pour l'hématologie. Un signe encourageant du renouveau médical de cet établissement moribond. « Depuis trois ans, on a fait de gros efforts. Il reste à en faire », dit simplement le directeur, tenu par son devoir de réserve.

La cure d'amaigrissement imposée a même démarré. « Huit personnes en CDD ont déjà été remerciées », déplorent les deux syndicalistes. Le fait de gratter jusqu'à l'os ne passe pas pour la CFDT. « La qualité des soins sera remise en cause et la charge de travail du personnel s'alourdira ».

Une pétition a été signée par la quasi-totalité du personnel. Demain, une grève et une manifestation devant les bureaux de l'ARS sont programmées. Une délégation du personnel sera reçue.

Contactée, l'ARS s'est retranchée, elle aussi, derrière son devoir de réserve.

M.-O. N.