Des budgets anorexiques

Publié le 08/10/2010
Les associations oeuvrant dans l'hébergement d'urgence et l'insertion par l'économique sont exsangues. L'État se désengage d'une façon parfois spectaculaire. Hier, une bonne centaine de travailleurs sociaux ont manifesté sous les fenêtres de la préfecture à Nancy et devant la direction départementale de la cohésion sociale.
Des budgets anorexiques
Des budgets anorexiques
Les associations oeuvrant dans l'hébergement d'urgence et l'insertion par l'économique sont exsangues. L'État se désengage d'une façon parfois spectaculaire. Hier, une bonne centaine de travailleurs sociaux ont manifesté sous les fenêtres de la préfecture à Nancy et devant la direction départementale de la cohésion sociale.

« En même temps, l'État nous demande de développer nos activités et nous diminue durement les budgets », constate Monique Chalubiec, déléguée syndicale CGT de l'ARS.

Depuis le début de l'année, l'association accueil et réinsertion sociale vit sur ses fonds propres. Conséquence : « on ne prend plus les urgences et les postes sont gelés. » L'enveloppe budgétaire de l'État chute, tout comme celle des collectivités territoriales. « L'enveloppe des urgences du conseil régional s'élève à 3 millions d'euros alors que le budget des urgences est de 3,2 millions. »

L'association du grand Sauvoy partage le même pain noir. L'insertion par l'activité économique est, pour Bernard Beckel délégué FO, sacrifié. « L'État devait nous donner 55 000 EUR par chantier, nous ne touchions que 25 000 et cette année la somme est tombée à 3 500 EUR. On nous demande d'accroître notre autofinancement. » Or, le public retenu pour les chantiers nécessite une grande attention sociale. Bernard Beckel déplore l'abandon de ce volet au profit de la productivité.

Entendre la souffrance

Cette année, le budget de Regain 54, un groupement de coopération sociale et médico-sociale, sera rogné de 0,84 % soit 180 000 EUR. « Les directeurs sont amenés à prendre des mesures de prudence. Six départs à la retraite ne seront pas compensés », explique Stéphane Reinert, de la CFDT. Pour celui-ci, deux des mesures du plan de Benoist Apparu, secrétaire d'État chargé du logement et de l'urbanisme, ne sont plus d'actualité. « Il avait annoncé le renforcement des moyens pour les foyers d'accueil, il se passe le contraire. Les demandeurs de place en foyer sont renvoyés vers du logement social, alors qu'ils demandent une prise en charge. »

Les manifestants ne se faisaient aucune illusion sur l'impact de leur mouvement. Mais ils voulaient faire entendre « la vraie souffrance des travailleurs sociaux et des gens qu'on accueille ».