Eurostamp : l'entreprise bloquée par ses salariés

Publié le 08/03/2011
Hier, en fin d'après-midi, l'intersyndicale d'Eurostamp a quitté la table des négociations salariales. Dans la foulée, les employés ont entamé une grève et bloqué les grilles de l'entreprise.
Eurostamp : l'entreprise bloquée par ses salariés
Eurostamp : l'entreprise bloquée par ses salariés
Hier, en fin d'après-midi, l'intersyndicale d'Eurostamp a quitté la table des négociations salariales. Dans la foulée, les employés ont entamé une grève et bloqué les grilles de l'entreprise.

 © Le Républicain Lorrain, Mardi le 08 Mars 2011 / MMN /

Photo Étienne JAMINET

Les négociations salariales ont mis le feu aux poudres. Hier, les syndicats d'Eurostamp, équipementier automobile, ont quitté la table des négociations. Dans la foulée, des salariés ont bloqué l'entreprise.

Hier, 17h30. Plus d'une cinquantaine de grévistes sont massés devant les grilles d'Eurostamp, équipementier automobile de Villers-la-Montagne. Ils viennent de quitter leur poste à l'appel de l'intersyndicale CGT, CFDT, CFTC et FO qui, elle, vient d'abandonner la table des négociations annuelles obligatoires.

« On tourne en rond », soupirent les employés. Depuis le mois de janvier, cinq rencontres ont déjà eu lieu entre direction et syndicats. « On demande une augmentation de 70 EUR bruts par mois, là ou la direction en accorde 40 », constatent les syndicats.

« Il y a deux ans, on n'a rien eu. L'an dernier, des broutilles. Là, ça va ! », réagit un salarié. Pour l'entreprise, 2009 a été l'année de la crise. 2010, celle du plan de sauvegarde de l'emploi qui a provoqué le départ de 90 salariés. « Mais depuis septembre, l'activité reprend. Sur les 350 salariés, il y a une centaine d'intérimaires », continue l'employé.

Du côté de l'intersyndicale, on fustige les « artifices ». Les propositions de la direction ne passent pas. « Elle propose une augmentation générale en septembre, de 0,3 %. En fait, elle dispache le budget en fragments : pause payée, casse-croûte... » Des éléments « non-soumis à charge, donc à cotisation », dénoncent les syndicats. « On a déjà une prime assiduité. Résultat : les gens malades viennent travailler pour ne pas la perdre », réagit un salarié.

Camions bloqués

19h. « Les services de production sont à l'arrêt », assure un syndicaliste. Devant la grille, les grévistes s'organisent. Car la nuit risque d'être longue. Le changement d'équipe, à 21h, ne devrait pas être possible. Les salariés bloquent aussi les camions. « La direction a fait du stock, elle s'y attendait », constate l'intersyndicale. Peu importe, les grévistes ont prévu de rester jusqu'à 5h pour la relève du matin. « La direction vient de nous rappeler pour nous proposer exactement la même chose. C'est toujours non », lâche un délégué syndical.

« Les salariés étaient dans l'attente d'obtenir quelque chose de décent. On décidera avec le personnel de la suite du mouvement », conclut-il.

A l'heure où nous mettions sous presse, le directeur du site n'était pas joignable. Le comité de direction était toujours en réunion.