Fin de la grève pour les postiers

Publié le 06/02/2011
Les revendications des facteurs du centre de tri d'Homécourt ne sont pas restées lettre morte. Ayant été (partiellement) entendus, ils livreront à nouveau le courrier dès demain.
Fin de la grève pour les postiers
Fin de la grève pour les postiers
Les revendications des facteurs du centre de tri d'Homécourt ne sont pas restées lettre morte. Ayant été (partiellement) entendus, ils livreront à nouveau le courrier dès demain.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 06 Février 2011 / MMN
 
11h30 hier matin : les grévistes encouragent les élus qui viennent de partir en délégation dans le bureau de la direction. Quelques minutes avant eux, les représentants syndicaux étaient revenus bredouilles sur le jour de repos compensatoire. Photo Frédéric LECOCQ

Une carte postale du fils et de sa jolie épouse depuis le lieu de leur voyage de noces, une lettre d'amour d'un prétendant anonyme mais aussi... les recommandés de l'huissier ou les rappels du Trésor public pour des PV impayés... A partir de demain, les habitants du nord du département recevront à nouveau leur courrier, après quatre jours de disette (lire nos précédentes éditions).

Les facteurs du centre de tri postal d'Homécourt ont en effet voté la reprise du travail, samedi après-midi. Les quelque 70 grévistes, à savoir tout le personnel en CDI de la plate-forme, ont obtenu gain de cause après d'âpres négociations. « Nous avons 12 semaines de sécabilité (N.D.L.R. : une tournée majorée par des bouts d'une autre) et un jour de repos compensatoire (pour les heures supplémentaires passées sur le terrain en décembre à cause des intempéries neigeuses) », se satisfait Régis Crunchant, secrétaire départemental de la CGT pour la branche activités postales et télécommunications.

« Même ceux qui étaient malades en décembre auront droit à ce jour récupérateur. Néanmoins, on ne peut pas parler de victoire totale. Au départ, on demandait 8 semaines de sécabilité (alors que la direction en voulait 17) et deux jours de repos compensatoire. Les deux camps qui s'affrontent ne sortent jamais indemnes d'un conflit. »

D'autant que celui-ci a été particulièrement rude, avec un piquet de grève installé tous les jours devant l'entrée du site et surtout, une convocation avant-hier devant le tribunal de grande instance de Briey (mais avec la reprise du travail, les poursuites sont abandonnées).

« Le mouvement a quand même été bien géré : il n'y a pas eu de dégradations, pas de violences ni de mot plus haut que l'autre », poursuit Régis Crunchant. « Cela a aussi été une bonne grève puisqu'elle a été soutenue par les élus qui ont fait pression. L'unité syndicale a également contribué à la bonne issue du mouvement. »

Sud, FO, la CGT et la CFDT ont en effet 'travaillé' main dans la main. « Je pense que l'intervention du sous-préfet nous a également bien aidés », confie le syndicaliste.

250 000 lettres et colis en retard

Après le réconfort, l'effort. Car les agents du site homécourtois vont devoir mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. C'est-à-dire trier et écouler le courrier qui s'est accumulé ces quatre derniers jours. Soit environ 250 000 lettres et colis ! Sans oublier bien sûr le traitement des autres paquets qui arriveront dès demain.

« On a obtenu comme conditions de reprise du travail le recours au système Entraide : pour deux jours minimum, soit demain et mardi, des intérimaires viendront nous aider. Par contre, nous avons une semaine pour rattraper le courrier en retard. Mais chaque facteur aura quand même trois heures supplémentaires payées pour l'effort qu'il va fournir. »

Les ex-manifestants ont également été entendus sur ce point : ce samedi 5 février ne sera pas considéré comme un jour de grève mais comme une journée de négociations. Ils ne seront donc pas pénalisés financièrement. « En revanche, les trois autres jours de grève (mercredi, jeudi et vendredi) ne seront pas payés. Mais la direction a promis de les étaler sur trois mois. Un jour en février, un autre en mars et le dernier en avril. »

Histoire de limiter l'impact sur la fiche de paie. « Un postier ne gagne qu'entre 1 200 et 1 300 EUR par mois. Entre 1 000 et 1 200 EUR pour un agent en début de carrière. »

Et le représentant CGT de maugréer : « Vous vous rendez compte, cela aurait coûté moins cher à la direction de La Poste de négocier tout de suite que d'envoyer un huissier et de nous attaquer en justice. C'est de l'argent bêtement gaspillé qui aurait pu être donné à nos personnels... »

G. I.