Grève à La Poste : les négociations dans l'impasse

Publié le 04/02/2011
Les postiers de la plate-forme de Homécourt ne relâchent pas la pression. Ils bloquent toujours le site, tandis que la direction impose la levée du blocus comme préalable aux négociations. Encore une journée sans courrier.
Grève à La Poste : les négociations dans l'impasse
Grève à La Poste : les négociations dans l'impasse
Les postiers de la plate-forme de Homécourt ne relâchent pas la pression. Ils bloquent toujours le site, tandis que la direction impose la levée du blocus comme préalable aux négociations. Encore une journée sans courrier.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 04 Février 2011 / MMN
 

 

De nombreux élus du secteur se mobilisent pour soutenir les grévistes. Mais pour l'heure, rien n'a bougé. Photos Frédéric LECOCQ

Voilà une rencontre qui n'est pas passée comme une lettre à la poste. Au contraire. Hier à 11h, directeur de la plate-forme de tri postal à Homécourt et syndicalistes ont échangé avec, à un moment donné, de nombreux élus du secteur comme témoins. Ceci dans la perspective de trouver un compromis et mettre fin au mouvement de grève (lire RL d'hier).

Mais selon les syndicats, les avancées proposées sont loin d'être à la hauteur de leurs attentes. Exemple : le passage de 15 à 20 journées 'intempéries' en décembre. En fait, les facteurs veulent surtout une compensation identique quel que soit leur moyen de locomotion. Ensuite, il y a le nombre des fameuses semaines de 'sécabilité' revu à la baisse. La direction en propose 14. Contre 12 pour les quatre organisations syndicales FO, CGT, CFDT et Sud. « Au départ, on voulait 8 semaines durant lesquelles on accepterait de prendre des bouts de tournée en plus. On a proposé de monter à 12. La direction ? De 17, elle est descendue à 15, mercredi. Puis 14 (hier) », détaille Alain Bonanséa du syndicat Sud. Au fil des heures, les deux positions tendent tout de même à se rapprocher...

Face aux postiers, André Corzani, vice-président du conseil général, a indiqué qu'il s'impliquerait dans leur combat. Son téléphone portable a chauffé, et il a donné de la voix devant des agents regroupés autour d'un bûcher : « Votre action, c'est aussi la nôtre ! » Une solidarité exprimée également par la transmission d'un message du député Jean-Yves Le Déaut.

Blocage également à Jarny

Le directeur du site Benoît Dumont a souhaité sortir en voiture du bâtiment avec, semble-t-il, une caisse de plis. Il s'est heurté à la fermeté des grévistes qui l'ont renvoyé à son bureau. Pour la direction, la levée du blocus constitue toujours un préalable à toute négociation. Argument rejeté par les syndicats : « C'est notre seul moyen de pression », arguent-ils de façon unanime. La direction a dit qu'il fallait qu'on prenne conscience de ce qu'on fait... Elle nous met la pression mais nous sommes déterminés. »

A tel point que les postiers s'organisent pour ne rien laisser au hasard. A 14h, une partie d'entre eux s'est rendue à Jarny afin d'intercepter une éventuelle arrivée de camions gorgés de courrier. D'autres élus, à l'image d'Olivier Tritz, premier adjoint de la commune, les ont rejoints.

Les grévistes expliquaient, hier, prendre leurs dispositions pour être présents tôt ce matin afin de bloquer l'entrée d'un éventuel camion, tant à Homécourt qu'à Jarny.

Mercredi soir à Homécourt, vers 20h, les agents avaient levé le camp pour revenir au petit matin. « Sauf qu'on suspecte qu'un chargement de La Poste soit entré à l'intérieur de la plate-forme, révèle Alain Bonanséa. De toute façon, il ne pourra être distribué tant qu'on sera là. »

Olivier Chaty.