Hôpital : le front du refus

Publié le 28/04/2012
La suppression annoncée de dix-huit postes passe mal parmi le personnel. Conditions de travail dégradées, offre de soins réduites : voilà les craintes.
Hôpital : le front du refus
Hôpital : le front du refus
La suppression annoncée de dix-huit postes passe mal parmi le personnel. Conditions de travail dégradées, offre de soins réduites : voilà les craintes.

© L'Est Républicain, Samedi le 28 Avril 2012 / Ouverture Pont-A-Mousson 
 
Une partie du personnel a, hier matin, manifesté son opposition au projet de réduction d'effectifs devant l'agence régionale de santé à Nancy. Photo ER 

Une grève suivie hier par « 88 % » du personnel (300 personnes : « Le 2e employeur de la ville), une pétition signée « à 84 % » - médecins, agents soignants, administratifs -, quelque quatre-vingts manifestants devant l'agence régionale de santé (ARS) à Nancy (lire en page 24 Heures) : la mobilisation est forte à l'hôpital de Pont-à-Mousson contre le projet de suppression de 18 postes. Une nouvelle annoncée lors du dernier conseil technique d'établissement (CTE).

Même les politiques s'en mêlent (voir ci-dessous). « Tout le monde est bien d'accord, et nous mettons en avant la sécurité des patients, qui va se trouver en danger », expose Joëlle Schoor, secrétaire de la section CFDT santé au centre hospitalier.

L'incompréhension est d'autant plus grande après les gros efforts déjà consentis, qui ont permis de réduire le déficit de 22 % à 8 %, tout en modernisant les infrastructures (pôle d'imagerie médicale) et en développant l'activité (consultations externes) après la disparition de la chirurgie.

« Il y a eu d'importantes économies en externalisant certains services », rappelle Emmanuelle Siffert, également de la CFDT.

« Si on veut tuer l'hôpital public, il n'y a qu'à continuer comme ça »

La direction du CH n'est pas mise en cause. Au contraire : « Elle a fait son job, revoyant les contrats, les prestations. » Procédant à des restructurations. Difficile, voire impossible de demander davantage désormais « Là, on attaque l'os. Cela va au-delà des CDD. »

Les représentants de l'ARS qui les ont reçues, avec deux médecins, se sont montrés moins catégoriques concernant la suppression de postes, mais ils les ont avertis qu'il fallait dégager 720.000 EUR d'économies nouvelles. « La cible, c'est dix-huit postes. Mais ils nous ont aussi parlé de réorganisation. » Le temps presse d'ici la prochaine rencontre prévue fin juin.

Ce que déplorent les deux syndicalistes, « c'est la logique comptable de l'ARS qui s'impose au détriment de la logique humaine ».

Craignant les conséquences. Pour leurs conditions de travail : « Établir les plannings constitue déjà un vrai casse-tête » Pour la prise en charge des malades, la qualité des soins : « On ne pourra plus assurer les cas les plus lourds et on devra les refuser. Qui ira expliquer à une petite mamie de 90 ans que son mari est en train de mourir à Brabois parce qu'on ne peut plus s'en occuper ? Si on veut tuer l'hôpital public, il n'y a qu'à continuer comme ça. »

Joëlle Schoor et Emmanuelle Siffert rendront compte des différents entretiens qu'elles ont pu avoir lors d'une réunion programmée mercredi prochain. Elles inviteront tous ceux qui le souhaitent, à intégrer des groupes de travail afin de réfléchir à des solutions. « Toutes les idées sont bonnes à prendre. »

Convaincues du soutien de la population, elles vont continuer à sensibiliser, à médiatiser aussi leur action. La prochaine : l'envoi d'un courrier à tous les maires du bassin pour réclamer leur soutien. « On ne doit pas gagner d'argent sur la santé », c'est leur argument.

La réduction des effectifs passe d'autant moins bien quand l'hôpital témoigne de sa capacité à aller de l'avant avec l'ouverture d'une SSR (soins de suite et de réadaptation) en onco-hématologie, avec dix lits. « Un projet extrêmement innovant. Initié par l'ARS... »

François-Xavier GRIMAUD


 

 
 

 


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