Interges.com en crise

Publié le 31/10/2011
Suite à la défection d'un gros client, Interges.com à Ludres engage un plan social. A la clef, le licenciement d'une bonne vingtaine de salariés.
Interges.com en crise
Interges.com en crise
Suite à la défection d'un gros client, Interges.com à Ludres engage un plan social. A la clef, le licenciement d'une bonne vingtaine de salariés.

© L'Est Républicain, Lundi le 31 Octobre 2011 / 24 heures Meurthe-et-Moselle 
 
Frédéric Carion, le directeur de site et Charles Blangis, le PDG, assurent ne pas voir d'autre solution que la restructuration. Photo Denis MOUSTY

Le marché du bricolage a beau être en progression, de 3 à 4 % tous les ans, les emplois n'y sont pas pour autant préservés. La preuve avec Interges.com, grossiste répartiteur en pièces de quincaillerie d'ameublement.

« Malheureusement, le déréférencement d'une gamme importante de produits dans une grande enseigne nationale de bricolage, à compter du 31 décembre prochain, nous contraint restructurer », assure Charles Blangis, le PDG.

En fait, l'enseigne de bricolage en question a décidé de se passer d'Interges.com, de zapper l'intermédiaire donc, et d'aller s'approvisionner directement en Chine. « Nous restons un fournisseur de substitution et nous n'avons pas perdu tout espoir de raccrocher un jour cette enseigne, mais pour l'instant, c'est 25 % de notre chiffre d'affaires qui s'envole », ajoute le patron. Les 24 MEUR annuels sont ainsi amputés de 6 MEUR. « Dans ces conditions, il est impossible de maintenir les effectifs dans l'état ». Résultat : un plan social est engagé, prévoyant le licenciement « d'une bonne vingtaine de salariés ». Impossible d'obtenir davantage de précision, « nous sommes en négociation avec les syndicats »., nous rétorque-t-on. Côté syndicat justement, on avance le chiffre de trente salariés touchés par la procédure.

120 salariés et une dynamique de redéveloppement

La coupe sombre touchera tous les services, conditionnement, préparation et réception des commandes, design, comptabilité, merchandising... à l'exception peut-être du marketing. « Tout sera fait pour que cela se passe le mieux possible. Une indemnité morale sera mise en place ainsi qu'un pack d'accompagnement destiné à prendre en charge le différentiel de salaire pendant un certain temps au cas où nos employés retrouveraient un travail moins bien rémunéré. Quatre postes sont par ailleurs proposés dans notre maison mère du Nord avec prise en charge des frais de déménagement ».

Le PDG, comme le directeur de site, Frédéric Carion, promettent agir à contrecoeur : « Paradoxalement la société connaît une dynamique de redéveloppement ». En début d'année, une chaîne de conditionnement a été installée à Ludres pour plus d'autonomie. De nouveaux produits sont lancés sur le marché, des innovations telles que le Plop, gamme de butoirs de porte interchangeables, récemment récompensé par les Trophées de la maison.

Il n'empêche, le coup est dur pour les 120 salariés d'Interges.com, à nouveau frappés dans leur emploi. L'an dernier déjà, l'entreprise avait traversé la tourmente.

Après six décennies de gestion familiale, Lorraine Industrie devenue Intergestion en 1981, était passée sous le joug d'un fonds d'investissement en 2007. Au printemps 2010, la société avait été placée en redressement judiciaire ; le 4 août suivant, elle était cédée à un repreneur venu du Nord, Norail, spécialiste de la quincaillerie et de la visserie. 112 emplois avaient été sauvés à l'époque sur 194. « Cette nouvelle est d'autant plus dure pour les salariés qu'ils viennent d'apprendre l'association de leur employeur avec quatre nouvelles sociétés », réagissent sobrement les trois délégués syndicaux CGT, CFDT et CGC d'Intertges.com. Et de s'interroger sur l'avenir de leur entreprise...

Valérie RICHARD