L'École s'indigne

Publié le 10/02/2012
Ils étaient près de deux cents à s'être mobilisés hier après-midi, contre « le dogme de la calculette dans l'Éducation nationale ».
L'École s'indigne
L'École s'indigne
Ils étaient près de deux cents à s'être mobilisés hier après-midi, contre « le dogme de la calculette dans l'Éducation nationale ».

© L'Est Républicain, Vendredi le 10 Février 2012 / 24 heures Meurthe-et-Moselle

 

François Wey, secrétaire départementale du FSU a appelé les enseignants à lutter contre la politique de rigueur. Photo Patrice SAUCOURT

« Nous ne laisserons pas l'École de la République se laisser dépouiller ainsi ». Tel était le message délivré, hier après-midi, du FSU, première fédération syndicale de l'Éducation nationale et de Sud Éducation Lorraine, venus manifester devant la Préfecture de Nancy, contre la politique de rigueur dans l'éducation.

Rejoints par la CFDT et le GRETA - l'institut de formation en continu, ils étaient nombreux à boycotter le Comité départemental de l'éducation nationale (CDEN) présentant la carte scolaire devant, en autre, le Préfet, les représentants des maires, du Conseil général, des parents d'élèves et des associations amies de l'école.

Derrière les coups de sifflets et de tambourins, tous dénonçaient « le dogme de la calculette ». Pour eux, la Meurthe-et-Moselle a suffisamment souffert. « 1 600 postes d'enseignants ont déjà été supprimés en deux ans. Et les élèves en pâtissent ! » souligne François Wey, secrétaire départementale du FSU.

Rééducateurs menacés

Outre les classes surchargées dues au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, en fermant le moins de classes possibles, les Réseaux d'aides aux enfants en difficulté (RASED) souffrent également de cette politique de rigueur. On ne compte aujourd'hui plus que huit rééducateurs, dans le département. Ces derniers sont censés venir en aide aux enfants les plus faibles ou rencontrant des troubles graves du comportement.

« Il faut défendre la spécificité des rééducateurs. Comment pouvons-nous laisser les enfants en difficulté sur le bord du chemin ? » s'interroge Mme Robert, psychologue dans un établissement scolaire de Dombasle.

« Casse du public vers le privé »

La logique qui semble apparaître pour ces syndicats est claire : la casse du système public au profit du privé. « Les familles qui ont de l'argent vont se tourner vers les écoles privées ou les cours particuliers, pour les autres n'ayant pas les mêmes moyens, cela sera bien plus compliqué » explique M. Houchard, instituteur en retraite, venu manifester son mécontentement. Le froid n'aura pas altéré leurs motivations. Loin de là. « C'est en marchant ensemble que nous arriverons à changer les choses » concluait sous les applaudissements M. Wey.

 

Marie CAMPISTRON