L'exaspération des soignants de neurologie

Publié le 14/01/2011
Effectifs insuffisants, heures supplémentaires qui s'accumulent, surcharge de travail, rappels à domicile pendant les jours de repos... les personnels soignants du bâtiment de neurologie au CHU de Nancy sont à bout de nerfs.
L'exaspération des soignants de neurologie
L'exaspération des soignants de neurologie
Effectifs insuffisants, heures supplémentaires qui s'accumulent, surcharge de travail, rappels à domicile pendant les jours de repos... les personnels soignants du bâtiment de neurologie au CHU de Nancy sont à bout de nerfs.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 14 Janvier 2011 / MMN /

 

Une cinquantaine de soignants ont manifesté bruyamment hier sous les fenêtres de la direction générale du CHU de Nancy. Photo Anthony PICORE

Une cinquantaine d'entre eux l'ont fait savoir hier matin en manifestant bruyamment - à coups de tambours - sous les fenêtres de la direction générale, alertée depuis longtemps déjà sur l'exaspération qui monte dans les rangs. Les aides soignantes et les infirmières sont en effet venues exprimer leur ras-le-bol quant aux conditions de travail, à l'appel de la CFDT.

Ces personnels qui travaillent en neurologie et en neurochirurgie sont au contact de patients atteints de lourdes pathologies. Selon eux, ces malades nécessitent plus de temps, compte tenu de leur état. La prise en charge de patients victimes d'un accident vasculaire cérébral, incapables de bouger, d'accidentés de la route, de traumatisés crâniens fait partie de leur quotidien. Un travail qu'ils effectuent avec dévouement et conscience. « Le ratio du CHU de Nancy, c'est une infirmière et une aide-soignante pour 12 patients. D'autres CHU comme Lyon ou Clermont-Ferrand sont à 10, explique Alex George, secrétaire de la CFDT du CHU. Vu les pathologies, le taux d'encadrement n'est pas suffisant », affirme-t-il.

« On nous demande beaucoup et notamment de faire du nursing, explique une infirmière. La moitié du service est grabataire. Quand un patient pleure, on ne peut tout de même pas le planter là sous prétexte que le temps prévu pour faire le soin est de 20 minutes. Et puis il faut aussi prendre en charge les familles. Quand le médecin a annoncé une mauvaise nouvelle, certaines sont dans le déni ou effondrées. On nous demande de faire preuve d'humanité, mais nous n'avons ni le temps ni les moyens. »

Une étude de la charge de travail

Elles protestent contre l'insuffisance des effectifs qui fait qu'on les rappelle pendant leurs jours de repos. Une autre se plaint du manque de matériel, tandis qu'un infirmier anesthésiste s'inquiète de voir « des infirmières généralistes en salle de réveil ». La direction du CHU a, selon la CFDT, « pris conscience que les conditions de travail étaient justes en ce moment ». Dans les semaines qui viennent, une étude va être lancée pour étudier la charge de travail qui incombe aux soignants des services de neurologie.

M. R.