La CFDT déplore la baisse du budget du ministère de la Justice

Publié le 16/06/2010
Les difficultés du greffe
La CFDT déplore la baisse du budget du ministère de la Justice
La CFDT déplore la baisse du budget du ministère de la Justice
Les difficultés du greffe

L'Est Républicain, Mercredi le 16 Juin 2010 / Nancy

 


EPINGLÉ dans notre édition du samedi 12 juin (Coup de griffe), le greffe du tribunal de Nancy se défend aujourd'hui par l'entremise de Maurice Schreyer, secrétaire régional CFDT Interco Justice Lorraine :

« (...) Il me semble utile de vous faire part de quelques remarques :

Le budget du ministère de la Justice se situe à la 35e place au niveau européen tandis que les effectifs regroupant les services judiciaires, l'administration pénitentiaire et la protection judiciaire de la jeunesse correspondent à environ 66.000 postes.

Plus localement cela se traduit pour le Tribunal de Grande Instance de Nancy par la perte de 5 emplois, l'effectif passant en 2010 de 124 fonctionnaires de greffe à 119. A cela viennent se défalquer les postes non pourvus, les absences pour formation, congés, congés maternité, etc..

La baisse drastique du budget de cette juridiction, comme d'ailleurs celui de toutes les autres, ne lui permet plus d'acheter une chaise. Sa dette pour payer les experts et autres intervenants se chiffre en millions d'euros et l'on peut légitimement se demander comment on pourra payer le chauffage en raison de l'augmentation du gaz.

10.000 procédures en retard

Dans le même temps la mise en oeuvre du nouveau logiciel Cassiopée engendre un retard incompressible de 3 à 6 mois du fait même de sa conception et de ses défauts. Pour exemple les procédures en retard d'enregistrement au bureau d'ordre sont passées de 600 à... 10.000.

Lors du dernier comité d'hygiène et de sécurité, le médecin de prévention s'est inquiété de la gravité des pathologies liées au stress et du mal vivre au travail des personnels. Pour côtoyer quotidiennement mes collègues je peux témoigner ici qu'il n'exagère pas, un geste de désespoir n'est pas à exclure.

Je trouve donc qu'il est bien facile, alors que votre journal se nourrit beaucoup de l'actualité judiciaire, que l'on pointe un dysfonctionnement en disant qu'il aurait suffi d'un rien pour qu'il ne se produise pas.

Pas d'amélioration en vue

C'est justement parce que l'on ne dispose plus de ce petit rien qu'il faudrait peut être s'interroger sur la situation actuelle des greffes des juridictions et plus précisément sur celui du TGI de Nancy. Il m'appartient, en ma qualité de délégué syndical de défendre la conscience professionnelle et l'abnégation de tous ceux qui quotidiennement du matin au soir, pour certains la nuit et le week-end rendent possible que la Justice fonctionne. Sans doute pas aussi bien que le souhaiterait les justiciables mais en tout état de cause avec les moyens qu'on veut bien lui donner, celui du 35e rang en Europe

Je conclurai en disant que moins de fonctionnaires, moins d'Etat ce sont aussi moins de services, il ne faudra donc pas dans les prochaines années s'attendre à une amélioration».