La CFDT rencontre la Mission locale

Publié le 03/04/2012
Jeunes : soirée d'information et d'échange sur l'emploi des 16-25 ans.
La CFDT rencontre la Mission locale
La CFDT rencontre la Mission locale
Jeunes : soirée d'information et d'échange sur l'emploi des 16-25 ans.

© L'Est Républicain, Mardi le 03 Avril 2012 / Lunéville et sa région

 

Soirée instructive pour les membres de l'union locale CFDT.

Les cheveux gris sont majoritaires dans cette salle de l'espace Edmond-Braux ce vendredi. La génération Y leur semble bien éloignée. Et les chiffres annoncés par les représentants de la Mission locale lors de cette soirée consacrée à l'emploi des jeunes par l'Union locale CFDT montrent encore plus le fossé entre les générations.

1.970 jeunes âgés de 16 à 25 ans et résidant dans le Lunévillois ont été suivis par les conseillers de cette structure en 2011, dont 600 nouveaux, un chiffre en augmentation de 12 % par rapport à l'année précédente. « On a de plus en plus de mal à leur trouver des issues favorables. De plus, certains qui sont déjà passés par la Mission locale il y a quelque temps, reviennent car ils sont à nouveau sur le marché du travail », explique Sylviane Stengel, la directrice de la Mission locale.

« Je suis étonné que l'on laisse des jeunes passer des bac pro dans des domaines où il n'y a pas d'espoir d'avoir du travail ! », s'étonne l'un des participants. « Nous intervenons après l'Éducation nationale », précise la directrice en rappelant que l'objectif prioritaire de la Mission locale est d'aider les jeunes à trouver un emploi stable et que l'organisme accueille aussi des jeunes, salariés ou non, cherchant un logement, voulant résoudre des problèmes de santé... « Le plus inquiétant est surtout que 60 % de ceux que nous recevons n'ont pas de diplôme », ajoute le président, Jean-Luc Demange. Et d'évoquer le travail des conseillers pour aider ces jeunes qui n'ont parfois plus de couverture sociale, qui peuvent avoir été mis à la porte du domicile de leurs parents, qui souffrent parfois d'illettrisme mais aussi de problèmes d'addictions.

Des jeunes volontaires

« Seule une minorité de jeunes ne veulent rien faire. Ceux qui viennent nous voir sont volontaires, mais certains se replient sur eux-mêmes, ont peur de prendre le train... », ajoute Sylviane Stengel. Avant de citer les principaux freins à l'emploi de ces 16-25 ans : leur niveau scolaire « Ils n'ont pas de qualification professionnelle. Avec un bac général, difficile de trouver un travail ! Et ils ont une image décalée du monde de l'entreprise ». Problèmes de mobilité physique : « Des jeunes, même de Lunéville, ne sont jamais allés à Nancy », et de santé : « Il y a beaucoup de problèmes d'addiction, alcool et/ou drogue dans le Lunévillois ».

Jean-Claude Euriot, en tant qu'ancien directeur du centre d'information et d'orientation (CIO), souligne : « Tous les CAP ne se valent pas », citant le CAP secrétariat et celui de boulanger... « Mais lorsque j'étais encore en activité, plus le diplôme était élevé, plus le jeune avait la chance de trouver un emploi rapidement, et de le garder... Ce qui n'est plus le cas ».

La directrice de la Mission locale rappelle d'autres freins pour ces jeunes : des problèmes d'expression mais aussi de compréhension : « Certains ne comprennent pas la différence entre pouvoir et devoir. D'où des problèmes lorsqu'ils veulent passer le code pour le permis de conduire. Et notre aide pour qu'il accède à une auto-école solidaire comme celle d'ADLIS ».

Sylviane Stengel cite aussi une donnée qui ne facilite pas l'accès à un premier emploi : « Dans le Lunévillois, nous comptons le plus fort taux de Lorraine de jeunes filles -et de très jeunes filles- déjà mères. Dont certaines ont deux enfants et plus ».

C.S.-C.