Le portrait de la semaine - La retraite en ligne de mire

Publié le 05/12/2009
Gérald Clément quitte les Terrasses de Méhon, mais n'abandonne pas encore toutes ses fonctions syndicales. Il aura simplement davantage de temps pour chasser.
Le portrait de la semaine - La retraite en ligne de mire
Le portrait de la semaine - La retraite en ligne de mire
Gérald Clément quitte les Terrasses de Méhon, mais n'abandonne pas encore toutes ses fonctions syndicales. Il aura simplement davantage de temps pour chasser.
Gérald Clément ne quittera plus que très rarement sa tenue de chasseur, un loisir qu'il pratique du côté de l'étang du Stock.

« Tu vas nous manquer, tu sais ! ». Le cri du cœur est d'une jeune collègue de l'unité du quai de Strasbourg, que Gérald Clément, éducateur spécialisé, ou plus exactement animateur socio-éducatif, vient de quitter en même temps qu'il prend sa retraite de l'Office d'hygiène sociale de Meurthe-et-Moselle.
Il était entré à l'IER des Terrasses de Méhon en octobre 1984 et tourne donc cette page professionnelle à l'issue de 25 années de bons et loyaux services, ainsi que l'en a remercié Catherine Philippe, la directrice de l'établissement, vendredi après-midi, à l'occasion d'une petite fête entre collègues.
Gérald Clément n'était pas un novice à son arrivée. Ce fils d'instituteur, donc « de nulle part », plaisante-t-il, avait exercé quelques années au sein de l'AEIM, à Nancy, après une expérience de pion et de maître auxiliaire.
Et c'est parce que son épouse, Danièle, avait envie d'ouvrir un magasin de tâpisserie-décoration, qu'il s'est installé à Lunéville. Il s'en évade pourtant souvent pour assouvir sa passion pour la chasse, du côté de l'étang du Stock, en Moselle. Ce citadin aime aussi la pêche, à la truite, et c'est dans sa tenue d'homme de la nature, qu'il a retrouvé pour une dernière fois, tout du moins dans le cadre officiel de l'IER, ceux qui l'ont accompagné dans un métier, qu'il a beaucoup aimé et, dit-il déjà avec un peu de recul, lui a apporté « de vraies satisfactions ».
Quai de Strasbourg, Gérald Clément était un peu le papy des enfants pris en charge par l'établissement. « Celui qu'ils n'avaient pas à la maison. »
Et même si l'éducateur prit à cœur ses nombreuses fonctions syndicales au sein de la CFDT, gravissant tous les échelons pour devenir délégué central de l'OHS, il tint toujours à rester sur le terrain, avec ces jeunes à réconcilier avec la société.
Si Gérald Clément n'avait pas souhaité se représenter aux prud'hommes, « car ce n'est pas une justice de retraités », il n'en a pas moins participé à la lutte pour le maintien de la juridiction à Lunéville. Sans succès, on le sait. Et c'est donc à Nancy, qu'il se rend désormais pour défendre les dossiers, que lui confie la CFDT.
« Encore pour quelque temps », ajoute celui qui fut conseillé prud'homal une vingtaine d'années durant, alternant les fonctions de président et de vice-président de la section activités diverses.
Père de deux fils, Géraud, sapeur-pompier professionnel à Lunéville, et Julien, qui travaille chez Thiriet, M. Clément est aussi le papy gâteau de Victor, son petit-fils de quelques mois, qui voue une véritable admiration à sa chienne, Bianca, une braque de Weimar, beaucoup plus grosse que lui.
Discret sur ses jardins secrets, le retraité, qui aura travaillé avec cinq directeurs différents aux Terrasses de Méhon, ne peut pas cacher son côté bon vivant, qu'il exprime notamment au travers des vins de sa cave. Et des très vieilles bouteilles de mirabelles, dont il aime faire profiter ses amis.

 

Catherine AMBROSI
Mardi 01 décembre 2009, © L'Est Républicain / LUNÉVILLE