Les blues des impôts

Publié le 28/11/2012
Six des 10 principaux sites des Finances publiques du département étaient en grève hier
Les blues des impôts
Les blues des impôts
Six des 10 principaux sites des Finances publiques du département étaient en grève hier

© L'Est Républicain, Mercredi le 28 Novembre 2012 / Ouverture Nancy

 

Prochaine action le 14 décembre. Photo Denis MOUSTY

« Une action traditionnelle que l'on fait malheureusement tous les ans », dit l'intersyndicale Solidaires-CGT-FO-CFDT à propos de la grève nationale d'hier. Un mouvement ''saisonnier'', (auquel se sont joints pour la première fois les cadres de la CFE-CGC) pour protester contre les suppressions d'emplois récurrentes. « 25.000 depuis 2002 » (en France, ndlr). En 2013 il s'en comptera 2.023 de plus aux finances publiques (issues de la fusion des services des impôts et du trésor). Pour le département (gréviste à 34,59 %), « ce sera 18 postes de catégorie C. En 10 ans, ça représente 300 emplois supprimés », compte l'intersyndicale. Si les agents sont encore 1.000, « ça impacte les conditions de travail et la qualité du service public. Avec plus de gens qui viennent et moins de personnel, c'est plus d'attente et d'énervement » alors que « la législation fiscale est de plus en plus difficile à comprendre ». Paradoxalement, dans les petites trésoreries, « on est obligé de réduire les horaires d'ouverture au public » pour traiter le volume de travail hérité des fermetures successives (1.380 sur 4.000 depuis 1998).

Si la RGPP a été abrogée, la Modernisation de l'Action Publique (MAP) poursuit les coupes sombres. « À budget constant on crée 10.000 emplois dans l'Éducation nationale et on en supprime 7.250 à la Défense et 2.500 au ministère des Finances ». Par ailleurs, « on réduit les budgets de fonctionnement ». -26 % sur 2011-12 (soit1,2 MEUR) auxquels s'ajouteront -9 % en 2013. Résultat, « 93 % du budget 2012 étaient déjà consommés au 1er septembre. Les créanciers ne sont pas payés ». Comme par exemple une société de nettoyage qui a attendu de longs mois le règlement de sa facture.

Les finances publiques ont elles-mêmes une dette. « La taxe foncière 2012 n'est pas payée aux collectivités », révèle l'intersyndicale. Elle ne sera réglée qu'en 2013 et sans majoration. Un luxe qu'aucun contribuable ne peut s'autoriser.

Les syndicats n'ont pas encore fini de bouger. Ils ont prévu d'envahir la salle du comité technique local du 14 décembre qu'ils auront par ailleurs boycotté.

Frédéric CLAUSSE