Les pompiers mettent le feu

Publié le 18/11/2011
Feu de pneus hier à la caserne de Nancy-Gentilly pour protester contre un projet national de réforme.
Les pompiers mettent le feu
Les pompiers mettent le feu
Feu de pneus hier à la caserne de Nancy-Gentilly pour protester contre un projet national de réforme.

© L'Est Républicain, Vendredi le 18 Novembre 2011 / 24 heures Meurthe-et-Moselle

 

Un piquet de grève enflammé pour être vu du public mais des personnels qui sont restés opérationnels. Photo Patrice SAUCOURT

En grève. Deux mots inscrits à l'adhésif sur les tenues ou peint sur les carrosseries des véhicules et les banderoles. Un feu de pneus sous contrôle dans des carcasses de bidons. Impossible hier d'échapper au mouvement de 24 h des sapeurs-pompiers de Nancy et plus précisément, d'une dizaine de personnels de la caserne de Gentilly. « Habituellement quand nous sommes en grève, statut et réquisitions obligent, le public ne s'en rend pas compte », observe Mickaël Lucko, délégué départemental CGT. « On voulait que ça change... »

Dans le collimateur de ce mouvement de protestation, une « réforme de la profession qui aboutirait à un recul social de 15 ans », assure le Cégétiste. Le 3 novembre, quelque 10.000 pompiers avaient pris part à une manifestation conduite par les syndicats CGT, Sud, FA et CFDT, à Paris.

« Revoir avec la CGT les modalités de mise en oeuvre du droit de grève »

« Une intersyndicale minoritaire appuyée par la fédération des sapeurs-pompiers tente de mettre en place la réforme. Il serait alors par exemple possible de recruter un professionnel au sein des volontaires sans passer par le concours ! Et au lieu qu'un 2e classe débute à 1.600 EUR nets, il toucherait près de 1.300 EUR. Pour le même travail. Sans avoir la certitude d'être titularisé », dénonce Michaël Lucko. « Ils essaient de casser le service public et nous, on ne veut pas de secours au rabais ! »

L'initiative de Gentilly a engendré quelques tensions entre les grévistes et un encadrement qui souhaitait notamment voir disparaître les inscriptions « en grève ». « Il y a même eu le déclenchement officiel d'une intervention avec la sortie d'un fourgon incendie pour extinction de notre feu de pneus ! », déplore le Cégétiste. « Pour moi, c'est de l'appel abusif. Et les grévistes ont été menacés de sanctions ». Du côté de la hiérarchie, le colonel Stéphane Beaudoux, directeur du service départemental d'incendie et secours (SDIS), avance l'appel d'un riverain inquiet à la vue de la fumée, à l'origine de l'alerte sur le « 18 ». « J'ai rappelé aux personnels grévistes que les inscriptions sur les véhicules étaient illégales en raison de la neutralité du service public », indique le directeur du SDIS, pointant au passage un « problème de personne ».

« Ils ont refusé de nettoyer les véhicules et le représentant de la CGT a refusé de me rencontrer pour sortir de cette polémique. J'attends donc que la tension retombe pour revoir avec la CGT les modalités de mise en oeuvre du droit de grève ». Soixante et un pompiers étaient en grève hier à Nancy.

Alain THIESSE