Les retraités ne sont pas inactifs sur le front

Publié le 07/10/2011
Nancy. Il y a de la colère mal maîtrisée dans les propos de Francis, qui se demande comment il pourrait bien arriver à survivre avec 1.300EUR par mois.
Les retraités ne sont pas inactifs sur le front
Les retraités ne sont pas inactifs sur le front
Nancy. Il y a de la colère mal maîtrisée dans les propos de Francis, qui se demande comment il pourrait bien arriver à survivre avec 1.300EUR par mois.

© L'Est Républicain, Vendredi le 07 Octobre 2011 / 24 heures Meurthe-et-Moselle

 

 

 

Le cortège protestait, hier matin, contre l'abandon de la réforme sur la perte d'autonomie. Photo Michel FRITSCH

« C'est tout ce que je gagne ! », se plaint le militant communiste et cégétiste de la première heure. « Divisés par 30 jours, voyez ce qui reste. Oh, bien sûr, il y a pire. On rackette bien les immigrés. Mais tout ça est honteux. Tous des enf..... ! »

On ignore à qui précisément s'adresse l'insulte, mais on suppose bien que le gouvernement n'est pas en odeur de sainteté dans le cortège qui s'est constitué hier matin place Stanislas. À l'appel des CFDT, CGT, U., UNSa et Retraités de la fonction publique, quelque 150 personnes ont répondu, maugréant contre la stagnation pathologique des retraites.

« Voilà 25 ans que j'ai cessé le travail, et depuis j'ai perdu 25 % de pouvoir d'achat », comptabilise ainsi l'octogénaire Arnold qui, avec son épouse Anna, poursuit ainsi « une vie de sacrifices constants, où jamais, jamais, on n'a pu s'accorder le moindre petit luxe. » Et de réclamer une réévaluation des pensions de retraite à un minimum de 1.700EUR mensuels, « comme ça devrait l'être aussi du Smic ! ».

« De plus en plus grave »

« Mais là n'est pas tout à fait le sujet principal du jour », précise de son côté Louis Feidt, secrétaire départemental de la Fédération des retraités de la fonction publique. « On s'insurge surtout contre l'abandon de la réforme sur la perte d'autonomie. » Réforme qu'avait pourtant promise Nicolas Sarkozy, mais dont la mise en oeuvre aurait nécessité 5 milliards d'euros, manifestement destinés aujourd'hui à d'autres desseins. « Or la problématique touche de plus en plus de gens à l'heure où - et là on rejoint l'autre facette du problème -, par petites touches successives, la situation financière ne cesse de se compliquer pour nous. En dehors même des pensions, lorsqu'on dérembourse des médicaments, qu'on surtaxe les mutuelles ou encore qu'on augmente le prix du forfait hospitalier, ce sont les retraités les premiers touchés ! » Mais dont certains sont « manifestement » prêts à se rebiffer.

Lysiane GANOUSSE