MGM France menacée de liquidation judiciaire

Publié le 10/11/2010
Implantée à Villers-la-Montagne, Rouvray, Blanzy et Villefranche, la société MGM France pourrait être liquidée le 16 novembre. En tout, ce sont 270 emplois qui sont menacés, dont 44 dans le Pays-Haut.
MGM France menacée de liquidation judiciaire
MGM France menacée de liquidation judiciaire
Implantée à Villers-la-Montagne, Rouvray, Blanzy et Villefranche, la société MGM France pourrait être liquidée le 16 novembre. En tout, ce sont 270 emplois qui sont menacés, dont 44 dans le Pays-Haut.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 10 Novembre 2010 / Région /

 

Colère, d'un côté, incompréhension de l'autre. La situation de la société MGM France (équipementier automobile) a pris un tournant décisif, hier, dans la poursuite de son activité. Placé en redressement judiciaire depuis le 14 septembre, le groupe avait prévu le licenciement de 90 salariés sur ses sites de Rouvray, Blanzy et Villers-la-Montagne. Les 44 postes en jeu dans le Pays-Haut ont mené les employés et les syndicats CFDT, CFE-CGC et CGT à entamer une grève illimitée depuis jeudi dernier. « Personne n'a voulu entendre nos revendications. On a l'impression qu'ils veulent fermer l'entreprise quoi qu'il arrive », explique Manuel Dias, délégué CGT.

Discours inverse de la part de l'administrateur judiciaire du cabinet de Me Vincent Gladel : « La situation financière du groupe est telle, que nous ne pouvons accéder à leur requête. Pire, le blocage total du site de Villers nous a forcés à demander une liquidation, puisque l'argent ne rentre plus du tout. La décision du tribunal doit intervenir le 16 novembre. En attendant, il faut réellement que la grève soit levée, ne serait-ce que pour espérer une poursuite d'activité dans l'espoir d'un repreneur éventuel. »

Informés de la décision, les salariés ont tout de même choisi de poursuivre leur mouvement. « Nous voulons entrer en négociations, reprend Manuel Dias. De toute façon, nous n'avons plus rien à perdre. »

« Un gâchis »

Henri Noblet, directeur des ressources humaines du groupe se dit, quant à lui, indigné du comportement des représentants syndicaux de Villers-la-Montagne. « De 44 postes supprimés, leur entêtement conduit à menacer 270 emplois sur tout le groupe. C'est du suicide. Cela fait 18 mois que nous tentons de remettre à flots cette entreprise. Maintenant, nous ne sommes même pas certains de trouver un repreneur si la liquidation est prononcée. C'est un gâchis comme je n'en ai jamais vu. »

Ce matin, les salariés voteront à nouveau la reprise ou non du travail à Villers-la-Montagne, dans l'espoir de négociations.

De leurs côtés, l'administrateur judiciaire et la direction du groupe espèrent faire lever le blocus afin de livrer leurs clients et s'épargner une déroute financière totale. Il reste une semaine aux deux parties pour trouver un terrain d'entente.

Emilie PERROT.