MGM : un (petit) sursis jusqu'au 7 décembre

Publié le 17/11/2010
Si le travail a repris à MGM, une nouvelle action des syndicats visait à bloquer l'entrée de la zone industrielle aux poids lourds, hier. De son côté, le tribunal a prolongé la phase de redressement judiciaire jusqu'au 7 décembre.
MGM : un (petit) sursis jusqu'au 7 décembre
MGM : un (petit) sursis jusqu'au 7 décembre
Si le travail a repris à MGM, une nouvelle action des syndicats visait à bloquer l'entrée de la zone industrielle aux poids lourds, hier. De son côté, le tribunal a prolongé la phase de redressement judiciaire jusqu'au 7 décembre.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 17 Novembre 2010 / MMN /
 

 

Distribution de tracts à l'attention des automobilistes et blocage momentané des poids lourds : les syndicalistes entendent montrer qu'ils restent mobilisés. Photos Samuel MOREAU

Maintenir la pression. Telle est la volonté de l'intersyndicale qui concentre désormais ses forces sur la défense de l'emploi. Ce fut le cas hier matin sur la zone industrielle de Villers-la-Montagne où la société MGM est dans l'oeil du cyclone depuis plusieurs semaines.

En fin d'après-midi, on apprenait que le tribunal administratif de Limoges s'est prononcé en faveur de la poursuite des activités de retraitement du plastique de MGM. Du moins au minimum jusqu'au 7 décembre, date de la prochaine audience du tribunal. L'entreprise en redressement judiciaire reste donc sous surveillance pendant trois semaines. C'est un petit ouf de soulagement pour les salariés, car la liquidation judiciaire aurait pu être prononcée. « Cela aurait signifié la fin de tout. 270 salariés sur le carreau, répartis en trois sites Rouvray, Blanzy et Villers-la-Montagne. » Pour autant, trois semaines, c'est bien peu... Si après onze jours de grève, le travail a repris à MGM, l'intersyndicale a voulu montrer hier matin que la mobilisation reste bien réelle avec une opération coup-de-poing sur la zone industrielle de Villers-la-Montagne.

La cinquantaine d'hommes et de femmes s'est divisée en deux groupes : l'un bloquant l'artère en direction de Longwy, l'autre de Villerupt, côté Eurostamp. « Il s'agit de mettre en place un barrage filtrant pour les voitures et de stopper les poids lourds qui veulent entrer sur la zone », explique Gérard Lagorce de l'union locale CGT. Et ainsi gêner, un temps, les entreprises. Dans l'ensemble, les chauffeurs poids lourds manifestent un soutien aux syndicalistes à grand renfort de coups de klaxon. D'autres s'énervent arguant du fait qu'« ils travaillent ». La réponse ne tarde pas : « Nous aussi, mais bientôt on ne pourra plus travailler. Ce sera le chômage ! » Une réalité pour 91 salariés du groupe MGM France, dont 44 rien que sur Villers-la-Montagne. « Au terme de la réunion, dimanche en sous-préfecture de Briey (lire notre édition de lundi), nous avons décidé d'arrêter le blocus de l'entreprise, et de reprendre le travail lundi », rappelle Manuel Dias, délégué CGT.

Entre deux feux

« L'un de nos clients, Faurecia, a mis la main au portefeuille en s'engageant à verser une avance de 500 000 EUR sur des moules que l'on doit leur fournir. De quoi financer le plan de sauvegarde de l'emploi. Un plan qui revient à donner environ 5 500 EUR aux salariés. » Pris entre deux feux, les syndicalistes ne pouvaient continuer le blocage, sous peine de voir prononcer la liquidation du groupe MGM France. « Ces onze jours de blocage, c'était dur. Très dur, témoigne Frédéric Lepek, délégué CFDT. Le froid, la pluie, le vent, sous la tente jour et nuit. » Tous défendent leur « boîte », d'abord « pendant quatre ans sous l'enseigne Moll, des fonds de pensions américains, puis Ergom cinq ans, des Italiens qui voulaient s'implanter dans l'Hexagone, et il y a dix-huit mois, le rachat par MGM qui voulait grossir... » C'est manifestement raté. Dans les rangs des salariés, certains regrettent la parfaite séparation entre MGM SAS, implantée en Roumanie, au Maroc, à Limoges, et MGM France au bord de la faillite.

Hier matin, les syndicalistes espéraient juste une chose : que les engagements des uns et des autres ne soient pas vains et que le tribunal leur laisse une nouvelle chance. En fin d'après-midi, la nouvelle est tombée : sursis jusqu'au 7 décembre. Juste de quoi reprendre une petite respiration... Peut-être que le tribunal a lui aussi voulu maintenir la pression.

O. C.