Mobilisation massive !

Publié le 02/05/2012
La participation à la manifestation du 1er Mai a dépassé les espérances de l'intersyndicale, hier, à Nancy.
Mobilisation massive !
Mobilisation massive !
La participation à la manifestation du 1er Mai a dépassé les espérances de l'intersyndicale, hier, à Nancy.

© L'Est Républicain, Mercredi le 02 Mai 2012 / 24 heures Meurthe-et-Moselle

 

Une foule compacte a défilé « pour battre Sarkozy », hier matin, dans les rues de Nancy. Photo Michel FRITSCH

Nancy n'a pas connu de manifestation aussi importante depuis celles sur les retraites. Ils étaient peut-être dix mille, hier matin, à défiler dans les rues du centre-ville, à l'occasion de ce 1er Mai.

La tête de cortège atteignait le lycée Cyfflé quand la queue de manifestation était encore place Dombasle, via la rue Stanislas, la gare SNCF et le boulevard Joffre. Il y avait tellement de monde que des bus se sont trouvés bloqués dans la foule.

La CGT a compté 12 000 participants, quand l'Hôtel de police dénombrait « 3 500 personnes, dont 500 kurdes », assurait-on boulevard Lobau, dans l'après-midi.

Jean-Yves Le Déaut, député : « Pétain avait déjà employé le terme de vrai travail... »

Quoi qu'il en soit, le mot d'ordre de la manifestation était clair. L'intersyndicale CGT, CFDT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES appelait sans ambiguïté à défiler « pour changer de politique, pour battre Sarkozy ». Même la CFDT, qui ne donne pas de consigne de vote au niveau national, voyait ses responsables locaux prendre partie.

« C'est Nicolas Sarkozy qui a voulu faire de ce 1er Mai un enjeu électoral. Et qui remet en cause la légitimité des organisations syndicales. Les limites sont franchies ! Nous appelons donc à le battre », annonce Denis Hassler, secrétaire départemental 54 de la CFDT.

Pascal Debay, leader de la CGT, fustigeait « un président en fin de course qui montre une image nauséabonde de ce qu'est la droite française en Europe ».

Dans le cortège, les réactions étaient également vives. Et les mots crus. Un manifestant portait même une potence sur laquelle se balançait une effigie du président candidat. « Je manifeste pour virer Sarkozy ! Pour que mes enfants aient un avenir. Parce qu'ils n'en ont plus. Je viens d'être licenciée du bureau de tabac où je travaillais », témoigne Isabelle, précisant qu'elle est « non syndiquée ».

« Il y a eu une étincelle »

Pour François Wey, délégué enseignant SNES FSU, « les gens ont mal pris les commentaires de Sarkozy sur le vrai travail. Ca les a poussés dans la rue. D'habitude, le défilé du 1er Mai est un rituel avec seulement quelques centaines de personnes. Cette année, il y a eu une étincelle. Et ce n'est pas nous qui avons mis le feu... »

Le député socialiste Jean-Yves Le Déaut, croisé en queue de cortège parmi 400 militants de son parti, rappelle que « Pétain avait déjà employé le terme de vrai travail sur une affiche. Ce qui ne signifie pas que celui qui a dit ça est pétainiste. Mais cette forte mobilisation peut s'expliquer par une volonté de combattre ce genre d'idée ».

En revanche, pour Pascal Debay, de la CGT, « ce n'est pas une phrase, un mot, qui met douze mille salariés dans la rue. Mais le hold-up commis depuis cinq ans, les attaques contre notre système social, la politique menée... »

Le long cortège s'est dispersé aux abords de la préfecture de Nancy, trois heures après son départ.

Philippe MERCIER

phmercier@voila.fr