Perfusions et convalescence

Publié le 16/01/2011
Ces deux dernières années laissent un goût amer à de nombreuses sociétés basées sur la zone industrielle. Tour d'horizon d'entreprises sous perfusion ou encore convalescentes.
Perfusions et convalescence
Perfusions et convalescence
Ces deux dernières années laissent un goût amer à de nombreuses sociétés basées sur la zone industrielle. Tour d'horizon d'entreprises sous perfusion ou encore convalescentes.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 16 Janvier 2011 / MMN

Sealynx retient son souffle 

« L'équipementier automobile Sealynx dépose son bilan. » Les Echos avaient fait leur gros titre, le 3 décembre, sur la fin programmée de cette société établie sur deux sites. Le premier à Charleval, dans l'Eure, et le second à Villers-la-Montagne. « Au départ, deux lignes de production de joints de portières devaient être transférées dans l'Eure avec 18 personnes sur les 70 que compte le site de Villers, pour les autres, c'était le licenciement. » A Jean Avanzato, délégué CFDT, on a annoncé la mort du site. Puis sa liquidation, pour aboutir au redressement... Un sursis de 2 mois avait été accordé, soit jusqu'à la mi-février. Oui, mais après ? « On veut un projet fiable, on bosse, on livre, on ne pénalise personne, alors que l'on ne nous fasse pas espérer pour rien... » Le 10 janvier, l'administrateur judiciaire, PSA, Renault et ACS (ex-Wagon automotive) ainsi que Webasto, des intermédiaires entre Sealynx et les constructeurs, se sont rencontrés. Mais rien n'a filtré, les salariés restent dans l'expectative. « Le climat n'est pas bon. On se pose plein de questions... Agir ? Ou, au contraire, est-il urgent d'attendre ? » Premiers éléments de réponse dans un mois.

Le coeur d'Eurostamp bat plus fort 

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Tant mieux ! Il y a un an, on assistait au départ des premiers salariés dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi. Eurostamp, qui fabrique des garnitures intérieures essentiellement pour la Sovab, a perdu 91 emplois. Les carnets de commandes étaient vierges. Aujourd'hui, le tableau est tout autre : « On a 87 intérimaires sans compter les prestataires pour la sous-traitance. Et puis, la direction encourage à faire des heures sup' mieux payées que ce que prévoit le dispositif légal ! » Secrétaire du CE, Mustapha Halal (CGT) est partagé entre deux sentiments : « La direction investit, l'avenir est moins obscur. Mais les gens licenciés ont été remplacés par des intérimaires... » 

MGM, le verdict approche 

Le pire a été évité de peu : une liquidation du groupe MGM France et de ses 270 salariés répartis sur deux sites. Toujours en redressement judiciaire, jusqu'au printemps, MGM ne sait pas de quoi l'été sera fait. Sur les 94 salariés de Villers-la-Montagne, 44 pourraient perdre leur emploi. D'ores et déjà, une vingtaine d'entre eux ont reçu leur lettre de licenciement. Essentiellement des volontaires pour un départ. « Lundi, on a eu la visite du groupe GMD, un équipementier automobile spécialisé dans l'emboutissage, la plasturgie », dévoile Manuel Dias, délégué CGT. Mais d'autres sources évoquent plusieurs entités sur les rangs pour reprendre MGM. Les salariés en sauront peut-être davantage demain : rendez-vous est pris au tribunal de commerce de Limoges avec l'administrateur judiciaire. 

Faurécia en quêted'une meilleure santé

Le site de Pierrepont appartient au passé. On y a dénombré 27 licenciements en fin d'année. Ne reste plus que Villers-la-Montagne. « En 2006, il y avait un projet d'une usine pour 200 personnes. Aujourd'hui, nous tournons à 130. C'est certain, on nourrit des inquiétudes ; il nous faudrait une charge de travail supérieure. » Faurécia fabrique des palonniers (systèmes de réglage de siège auto) et des inserts d'appuis-tête, aussi bien pour Audi, PSA, Renault ou Toyota. Reste toujours la question des renouvellements des contrats pour les nouveaux modèles... et à savoir « comment le site va évoluer par rapport à l'ensemble du groupe ».

O. C.