Plate-forme de tri postal : la grève continue

Publié le 05/02/2011
Troisième journée de grève à la plate-forme de tri à Homécourt. En guise de négociations, les agents ont été assignés devant le tribunal par La Poste. Le sous-préfet leur a accordé une audience. Les grévistes restent mobilisés.
Plate-forme de tri postal : la grève continue
Plate-forme de tri postal : la grève continue
Troisième journée de grève à la plate-forme de tri à Homécourt. En guise de négociations, les agents ont été assignés devant le tribunal par La Poste. Le sous-préfet leur a accordé une audience. Les grévistes restent mobilisés.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 05 Février 2011 / MMN
 
Les postiers grévistes devant entrer au tribunal. Une éventualité à laquelle ils ne s'attendaient guère. Photos Frédéric LECOCQ

Les drapeaux des syndicats claquent au vent. L'humidité pénètre, mais le moral tient bon. « On veut regagner notre travail la tête haute, alors pour nous, pas question de céder dans les conditions annoncées par la direction. » Le discours n'a pas changé d'un iota.

Les grévistes soutenus par l'intersyndicale CGT, CFDT, FO et Sud, étaient hier matin toujours postés devant la plate-forme de tri de Homécourt. Des agents qui réclament moins de semaines de sécabilité (une tournée majorée par des bouts d'une autre), et une reconnaissance accrue des dépassements d'horaires lors des intempéries de décembre. « On n'acceptera pas plus de 12 semaines de sécabilité, et on veut au moins un jour de récupération en raison des intempéries », plaident les syndicalistes.

Sur place, les victuailles ne manquent pas, ni même le bois pour se chauffer, et les stands protègent du vent. « Les mairies nous aident pour la logistique », assure une jeune postière, visiblement éprouvée par ces trois matinées à trépigner devant les grilles du bâtiment. En plus, ils n'ont pas vu l'ombre d'un camion amenant le courrier. « Tous ont été déroutés vers d'autres plates-formes. Idem pour Jarny. » Les grévistes n'ont donc pas eu à repousser l'arrivage de courrier.

« L'huissier plutôt que les négociations »

Devant le bûcher, certains se confient : « On pensait que la direction allait lâcher du lest... » En vain. A la déception succède la colère. En début de matinée, le directeur leur a rendu une nouvelle visite. Et pas franchement de courtoisie. « Il nous a distribué une assignation en référé devant le tribunal ! lâche la militante cégétiste. En tout, 37 agents sont concernés. Vingt-sept présents ont reçu le référé... je ne comprends pas, les gens sont écoeurés. »

Pour autant, ils n'entendent pas baisser les bras et projettent de distribuer des tracts dans les communes alentours afin d'expliquer à la population les problèmes qu'ils rencontrent. « Les gens se posent des questions, ils voient bien qu'ils ne reçoivent de courrier, relate Alain Bonanséa du syndicat Sud. A nous de leur expliquer. »

« Ça se tramait en coulisse »

Jeudi soir, le directeur de la plate-forme de tri insistait sur le caractère décisif de ce vendredi. Effectivement, « q uelque chose se tramait en coulisse  », commente un gréviste. « Si on nous dit de partir, on s'en ira. On n'est pas là pour casser, on veut simplement une reconnaissance de notre boulot, souligne Alain Bonanséa. »

La Poste peut-elle tout de même faire distribuer le courrier ? « Il y a un système baptisé Entraide avec des intérimaires qui pourraient venir et pallier notre absence... », souffle un gréviste qui redoute la longueur du week-end. Ce matin, les députés Jean-Yves Le Déaut et Christian Eckert sont annoncés sur le site, de même que Rachel Thomas, vice-présidente du conseil régional. Les postiers comptent sur leur soutien... et leur action.

En attendant, ils restent mobilisés et seront encore en grève ce matin, devant le centre de tri. Fidèles au poste.

Olivier Chaty.