Remous sur des dons à la CFDT

Publié le 21/04/2010
Les policiers du SRPJ de Nancy passent au crible des dons supposés versés à la CFDT 54. Le parquet a ouvert une enquête
Remous sur des dons à la CFDT
Remous sur des dons à la CFDT
Les policiers du SRPJ de Nancy passent au crible des dons supposés versés à la CFDT 54. Le parquet a ouvert une enquête

Républicain Lorrain, Mardi le 20 Avril 2010 / Région /

Des policiers qui débarquent dans une organisation syndicale, ce n'est pas courant. C'est l'aventure vécue, il y a quelques semaines par l'union départementale de la CFDT de Meurthe-et-Moselle. Les enquêteurs du SRPJ, qui travaillent dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le procureur du TGI de Nancy, sont repartis avec des livres de comptes. Les limiers nancéiens sont à la recherche de versements faits par des salariés défendus aux prud'hommes par le service juridique de la CFDT.

Selon des plaignants, ces versements auraient été obligatoires, pour la CFDT, il ne s'agit que de dons volontaires et parfaitement transparents.

Des salariés en litige avec leurs employeurs ou licenciés ont la possibilité de saisir le conseil des Prud'Hommes pour faire reconnaître leur bon droit. Pour leur défense, ils peuvent faire appel à un défenseur syndical, celui-ci instruira les dossiers et les plaidera devant la juridiction. La défense est gratuite, moyennant l'adhésion des salariés au syndicat.

Versements fractionnés

Or, des salariés qui ont gagné leur procès se seraient plaints d'avoir dû, malgré eux, reverser à l'union départementale CFDT 54 et à son service juridique des sommes attribuées au titre des frais de justice et un pourcentage sur les indemnités versées par les employeurs. Ces versements s'effectuant parfois en plusieurs fois.

« L'enquête en cours ne nous inquiète pas plus que cela. Pour nous il s'agit bien de dons volontaires, nos statuts le permettent », explique Denis Hassler, secrétaire général de l'UD 54 déjà entendu par le SRPJ. « Ces dons ne sont pas systématisés, l'enquête le démontrera. Bien souvent, nos adhérents qui ont obtenu gain de cause veulent s'acquitter de quelque chose pour le travail réalisé ». Philippe Faveaux, secrétaire général de l'UD 54 pendant des années, avant de passer la main en 2008, assure avoir voulu une transparence totale. « J'ai tenu à ce qu'il y ait un compte juridique spécifique, les salariés défendus signaient des documents, il y a de copies des chèques. Le suivi du compte juridique était assuré par le trésorier adjoint », détaille l'ancien responsable qui n'a pas encore été entendu par le SRPJ.

M.-O. N.