Retraités maltraités

Publié le 25/02/2010
Les retraités veulent plus d'argent et de considération.
Retraités maltraités
Retraités maltraités
Les retraités veulent plus d'argent et de considération.

Jeudi 25 Février 2010, © L'Est Républicain / 24 HEURES MEURTHE ET MOSELLE

 

 
 
Manif de bon matin, hier à Nancy, place Stanislas et devant la préfecture.
C'était la journée nationale d'action des retraités.
Pas contents, les retraités de Meurthe-et-Moselle.
Non seulement, ils ont le sentiment d'être des laissés pour compte - et c'est pourquoi ils manifestaient à plus de 200, hier à 10 h à Nancy, place Stanislas - mais ils sont furieux de n'avoir été reçus que par un sous-directeur de cabinet. « Et ça fait la seconde fois qu'on nous fait le coup, en plus en nous recevant à 9 h ! »
Bon, il y a une excuse, c'est les vacances, et les retraités, eux... Bon, on arrête là, sinon on va se faire engueuler nous aussi.
Ce serait bête, car les responsables de la manifestation, une intersyndicale emmenée par la CGT, la CFDT et Sud Solidaires ont le verbe haut, précis, clair mais courtois.
Ils ont tant à dire. « Il faut que le gouvernement prenne en compte le cinquième risque, celui de la dépendance, qui n'intéresse pas seulement les malades, mais aussi les retraités handicapés », explique René Pommier, de la CGT. « Ce risque-là doit être pris en compte par la Solidarité nationale. Après tout, nous avons été nous-mêmes solidaires toute notre vie, puisque nous avons cotisé ».
 

Les pensions trop basses


Revendications plus classiques aussi, comme le relèvement des retraites et des pensions, « surtout les plus basses ».
Les temps sont durs, d'autant que « les soins sont de plus en plus difficiles, de plus en plus mal remboursés, et bien des retraités ne peuvent pas se payer de complémentaire... »
Une dégradation de la couverture maladie qui se voit en particulier chez les spécialistes : « Les soins dentaires et oculaires, bien des gens ne peuvent plus se les permettre, à cause des dépassements d'honoraires ».

Au Printemps


Les retraités veulent donc l'égalité d'accès aux soins, la reconnaissance du pouvoir d'achat des retraités. « Et aussi l'égalité hommes-femmes », insiste Jocelyne Violetti, que bien des Nancéiennes connaissent, puisqu'elle a fait toute sa carrière au Printemps de Nancy. « J'avais le même poste qu'un collègue masculin. Mon salaire était 30 % inférieur. Beaucoup de femmes se retrouvent aussi dans la mouise lorsque leur conjoint décède et qu'elles se retrouvent avec la moitié de la pension, et qu'elles n'ont pas non plus tous leurs trimestres, car elles se sont arrêtées pour élever leurs enfants ».
On évoque enfin, au pied du bon roi Stanislas (retraité opulent de la couronne polonaise), Valérie Rosso-Debord. « La députée de Meurthe-et-Moselle travaille sur la prise en charge de la perte d'autonomie, mais elle écarte les handicapés. Nous souhaitons qu'elle les réintègre dans le dispositif, et que l'ensemble là aussi soit pris en charge par la Solidarité nationale, sans ponctionner les successions, ni recours aux assurances. »
On s'est séparé par un beau soleil, avec l'espoir que le préfet, en mars prochain, recevra la délégation en personne.


 

Guillaume MAZEAUD