SOCIAL Z.I. de villers-la-montagne - Les petites entreprises connaissent aussi la crise

Publié le 06/09/2009
La zone industrielle de Villers-la-Montagne connaît des remous depuis quelques mois. Annonces de licenciements à Faurecia France ou Eurostamp... mais aussi dans des plus petites entreprises comme Meiser, spécialisée dans les passerelles d'immeubles ou les grilles d'arbres.
SOCIAL Z.I. de villers-la-montagne - Les petites entreprises connaissent aussi la crise
SOCIAL Z.I. de villers-la-montagne - Les petites entreprises connaissent aussi la crise
La zone industrielle de Villers-la-Montagne connaît des remous depuis quelques mois. Annonces de licenciements à Faurecia France ou Eurostamp... mais aussi dans des plus petites entreprises comme Meiser, spécialisée dans les passerelles d'immeubles ou les grilles d'arbres.


'Nous sommes prêts à faire 39h de travail, mais payées 39', explique Olivier Bouillé, Délégué Cfdt

Il y avait du monde dans le cortège de soutien aux salariés d’Eurostamp Villers-la-Montagne jeudi matin. Parmi les 500 personnes se trouvaient quelques représentants de l’entreprise Meiser, elle aussi implantée sur la zone industrielle de la commune. Et elle aussi en proie à d’importantes difficultés et à des conflits. Les temps sont durs pour les ouvriers, comme le confirme le délégué CFDT Olivier Bouillé. «On produit des passerelles d’immeubles, des escaliers, des grilles d’arbres en métal. Meiser France est composé de trois sites : le nôtre, Bethune (Nord-Pas-de-Calais) et Château-Thierry (Picardie), qui dépendent du groupe allemand du même nom. Et depuis le début de l’année, on nous annonce des pertes, sans savoir quelle usine est 'malade'. »
Après plusieurs périodes de chômage partiel pour les 32 employés, «pour déplacer les charges de travail vers l’Allemagne », la goutte d’eau qui fait déborder le vase : «La direction nous a proposé deux solutions : un licenciement de 20 personnes avec plan social ; ou le licenciement de 9 personnes sec sans plan, avec gel des salaires sur trois ans (aucune augmentation) et un taux dégressif jusque 38 h par semaine (36 h payées 35 etc.). On nous a dit : c’est ça ou la fermeture de la boîte. On a refusé de travailler plus pour gagner moins. Et sans mon accord, rien ne peut se faire
Les «pressions » se multiplient donc en direction de Villers-la-Montagne, le seul des trois sites français à ne pas vouloir plier. «Le problème, c’est que les commandes sont prises à Château-Thierry. S’ils veulent nous assécher et dire qu’on n’est plus rentables, ils le peuvent.>>

Prendre et partir


L’absence de dirigeants provoque l’absence d’informations fiables. Alors, Olivier Bouillé et ses camarades doivent composer avec cette baisse d’activité de 30 % par rapport à 2008 et un groupe qui se dit «déficitaire. Si on accepte, qui dit qu’on ne va pas essayer de nous presser encore plus ? Ils profitent de la crise pour continuer à dégraisser».
Le délégué syndical est arrivé sur place il y a vingt ans. L’entreprise s’appelait alors Caillebotis (elle a été rachetée fin 2006 par Meiser N.D.L.R.). Plus de 100 personnes y travaillaient. «Et depuis 1989, je n’ai vu que des licenciements. Pourtant, à chaque fois on acceptait les conditions : après avoir fait une croix sur les 13e mois ou sur les primes de production, on a quand même vu des gens partir
Le jeune homme n’est pas dupe : «Il y a eu tellement d’aides en direction des patrons ces dernières années, et ces derniers en ont tellement profité, que nous dire que les charges patronales sont trop élevées dans notre pays n’est pas crédible. On trouvera toujours moins cher ailleurs à ce petit jeu-là.» Chez Meiser Villers-la-Montagne, on commence donc sérieusement à douter de la volonté des élus nationaux de sauver l’industrie. «Je ne crois pas qu’on mette tout en œuvre. On voit les patrons s’en mettre plein les poches puis partir à la moindre occasion, comme en ce moment
Une réunion est prévue, pour la partie française, à Béthune entre le 14 et le 21 septembre. «On a des arguments pour tenir notre position. On a écrit à l’inspection du travail qui nous a affirmé que ce que la direction veut mettre en place ici est illégal

Sébastien Bonetti.
Publié le 05/09/2009 (Région)