Sovab : les grévistes ferment à double tour

Publié le 06/10/2011
Le mouvement de grogne à la Sovab a pris, hier, une nouvelle dimension. Toutes les voies d'accès à l'usine de Batilly ont été bloquées par les grévistes. Le ton monte entre la direction et les syndicalistes.
Sovab : les grévistes ferment à double tour
Sovab : les grévistes ferment à double tour
Le mouvement de grogne à la Sovab a pris, hier, une nouvelle dimension. Toutes les voies d'accès à l'usine de Batilly ont été bloquées par les grévistes. Le ton monte entre la direction et les syndicalistes.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 06 Octobre 2011 / MMN /

 

 

Les syndicats CGT, CFDT et Sud dénoncent une dégradation des conditions de travail. Hier, les grévistes ont bloqué l'usine. Photos Stéphane STIFTER

Les grévistes de la Sovab ont passé la seconde hier en paralysant totalement l'accès à l'usine de Batilly. Production à l'arrêt, fournisseurs et transporteurs à l'arrêt et dialogue avec la direction également à l'arrêt ! Le blocus « durera aussi longtemps que nos revendications ne seront pas prises en compte », clament d'une seule voix les syndicats CGT, CFDT et Sud. Retour sur une journée inflammable...
1 h : les premières étincelles

Les premières palettes et les premiers pneus se sont consumés, hier, à l'intérieur même de l'usine. Au milieu de la nuit, à 1 h, les sapeurs-pompiers en poste à la Sovab ont été contraints d'éteindre un feu allumé à proximité du hall fournisseur. Plus grave selon la direction, « cette incivilité s'est déroulée non loin d'une conduite de gaz. On a mis en danger la sécurité du personnel, ce qui est intolérable ». Ces premières étincelles auront finalement donné le ton d'une journée fiévreuse...

12 h : le feu se déclare

« La direction n'a pas pris en compte nos revendications. Donc nous sommes passés à la vitesse supérieure. »

D'épaisses volutes noires planent au-dessus de ce syndicaliste courroucé. Un barrage de fortune, constitué de pneus, bloque l'entrée réservée aux fournisseurs. Un deuxième nuage de fumée s'élève à quelques centaines de mètres de là... « Nous avons constitué ce deuxième barrage devant la CAT car notre direction n'a pas joué le jeu. Elle a tenté de faire passer ses camions par cette entrée », éclaire un délégué syndical.

L'ex-filiale, aujourd'hui en charge de la logistique pour la Sovab, se retrouve elle aussi totalement paralysée. Tout comme l'axe routier entre Batilly et Sainte-Marie-aux-Chênes, bordé de plusieurs dizaines de poids lourds à l'arrêt. « Pour moi, ce n'est pas un problème car je réside à Lunéville, souffle un chauffeur. Mais les collègues étrangers devront, eux, dormir dans leur camion. »

15 h : le routier 's'enflamme'

« Il a failli écraser mon collègue. C'est un fou ! » La scène aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Alors que le blocus ne suscite aucune contestation, un chauffeur slovène perd soudainement les pédales. A vive, très vive allure, il s'extirpe de la file d'attente amassée devant la CAT. Avant de traverser le rideau de feu et de passer à un souffle d'un groupe de grévistes.

Pris en chasse par la police après un bref moment de stupéfaction, l'inconscient s'immobilise quelques centaines de mètres plus loin. Après avoir éteint lui-même un début d'incendie sous sa remorque, il se laisse passer les menottes. Son embardée a trouvé son épilogue au commissariat de Conflans-Jarny. Le routier pourrait être poursuivi pour mise en danger de la vie d'autrui.

18 h : la directionconstate l'incendie

En réunion toute l'après-midi, la direction n'infléchit pas sa position. Elle tient simplement à stigmatiser les conséquences de l'arrêt de la production : « Une minorité de salariés bloque l'usine. C'est dommageable car la Sovab a la chance de faire du volume dans un contexte concurrentiel très fort. Si la situation dure, nos prestataires iront ailleurs... »

Jean-Michel Cavalli.