Trois décennies d'action syndicale

Publié le 02/06/2010
L'action syndicale a pavé l'histoire de la Sovab de petites et de grandes avancées sociales. Quelques dates clés avec Pierre Vogel, le secrétaire du comité d'entreprise.
Trois décennies d'action syndicale
Trois décennies d'action syndicale
L'action syndicale a pavé l'histoire de la Sovab de petites et de grandes avancées sociales. Quelques dates clés avec Pierre Vogel, le secrétaire du comité d'entreprise.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 02 Juin 2010 / MMN
 
Pierre Vogel, secrétaire du CE depuis 1984 et représentant CGT a été de toutes les grandes luttes depuis 1980. Photo René BYCH

C'est dans son bureau situé un peu à l'écart du site de production que Pierre Vogel, le secrétaire du comité d'entreprise de la Sovab depuis 1984, ouvre le grand-livre des souvenirs. Des mouvements de grèves solidaires des métallos dans les années 1980 aux 35 heures en 2000, en passant par la signature d'un accord en faveur de l'évolution professionnelle au début des années 1990, l'action syndicale a pavé l'histoire de petites et grandes avancées sociales.

1980. Organisation des premières élections de délégués syndicaux et délégués du personnel.

1984 à 1988. Mouvements de grève en soutien à la sidérurgie. « On était même allés à Paris manifester avec eux », se souvient Pierre Vogel.

1991. Premier gros mouvement social avec blocage de tous les accès de l'usine pendant une dizaine de jours en faveur d'un accord sur l'évolution professionnelle. « Il n'était pas normal qu'un agent de fabrication stagne au même échelon des années durant. Nous avons négocié une évolution systématique du coefficient sur 7 ans ». Un accord déterminant dans l'histoire de la Sovab qui avait mobilisé notamment les syndiqués CGT, CFDT, FO et CGC.

1999. L'épineux dossier des 35 heures arrive sur la table des négociations avec à la clé dix jours de blocus total et arrêt de la production. L'enjeu était de taille. Le bras de fer entre les syndicats et la direction a finalement débouché sur l'obtention d'une réduction du temps de travail sans diminution de salaire.

2004. Après le conseil des prud'hommes, la cour d'appel, c'est la Cour de cassation qui a finalement rejeté le pourvoi formulé par la Sovab pour la non-requalification des contrats intérimaires en contrats à durée indéterminée. Fin de l'épisode de la lutte contre la précarité qui va déboucher sur l'embauche en CDI de 120 intérimaires.

2007. Alors que 2006 affichait une production record de véhicules 123 202 unités, un mouvement de grève (150 à 200 grévistes) a permis d'obtenir une prime de 200 EUR pour tous. Cette même année, des débrayages pour protester contre des cadences de travail trop élevées avaient amené la direction à créer des postes supplémentaires.

2009. C'est la signature du contrat social de crise qui va marquer l'année et la suivante. Faisant suite à la décision de l'Etat d'indemniser le chômage partiel à hauteur de 75 % du salaire brut, « Les syndicats ont négocié un complément de rémunération équivalent à 1/10e de jour par journée de chômage (pris sur le compte temps formation), Ce qui, au final, revient à 80 % du salaire brut », explique Pierre Vogel, Cet accord validé pour un an est reconductible si besoin.