Une convention collective pour le diocèse de Nancy

Publié le 13/02/2011
Social - Le texte protège les salariés laïcs en mission eclésiale. Il est l'un des premiers de ce type
Une convention collective pour le diocèse de Nancy
Une convention collective pour le diocèse de Nancy
Social - Le texte protège les salariés laïcs en mission eclésiale. Il est l'un des premiers de ce type

© L'Est Républicain, Dimanche le 13 Février 2011 / Région Lorraine & © Vosges Matin / Région
Odile Levêque déléguée du personnel CFDT et le père Robert Marchal vicaire général du diocèse de Nancy. Photo ER

Nancy. Longtemps, l'Eglise catholique travailla avec des bénévoles. Depuis une quinzaine d'années, dans les diocèses français, les laïcs sont de plus en plus souvent salariés pour une première mission de trois ans, renouvelable une fois, soit six ans au total. Après, ils retournent à la vie profane. Jusqu'à présent, aucun texte ne protégeait ces 'laïcs en mission ecclésiale' autrefois nommés 'animateurs laïcs en pastorale'. Dans le diocèse de Nancy, le 14 décembre dernier, après neuf mois de négociations, une quinzaine de moutures et quelques tensions, une convention collective a été signée entre la déléguée syndicale CFDT, Odile Lévêque, et le vicaire général, le père Robert Marchal.

Bien sûr, au début, certains voyaient d'un mauvais oeil l'arrivée d'un syndicat perçu «comme le diable» sourit la syndicaliste. D'autres pensaient qu'il n'y avait pas besoin de cela dans l'Eglise. Mais, au final, peu à peu le syndicat s'inscrit dans le paysage et «la parole des gens s'est libérée», se réjouit Mme Lévêque. «L'Eglise ne se situe pas hors du temps. Nous souhaitions un dialogue social organisé. Nous devions nous donner les moyens de ce dialogue», justifie le n°2 du diocèse meurthe-et-mosellan, qui avoue humblement qu'il n'était «pas prêt» à jouer ce rôle de patron.

«Je me suis lancé parce que j'avais reçu cette mission de l'évêque, Mgr Papin. Les chrétiens ne peuvent vivre en autarcie. Nous devons, nous aussi, dans le cadre des structures sociales du pays», poursuit le père Marchal, qui a longtemps exercé son sacerdoce dans le Pays-Haut où il rencontra de nombreux syndicalistes. «Nous avons le sentiment d'être écoutés et entendus, de trouver face à nous des personnes attentives», se félicite la déléguée cédétiste, fière comme l'est aussi le prêtre, de cette convention collective.

Les salariés, qui reçoivent une lettre de mission de l'évêque sont désormais mieux protégés. Un an avant la fin de leur mission, différentes hypothèses d'avenir sont étudiées. Comme dans une entreprise classique, les relations de travail pour les 53 salariés (un peu plus de 41 équivalent temps plein) sont désormais établies sur la base du document. «Les problèmes financiers doivent être pris en compte dans le dialogue social. Nous devons être transparent», plaide le vicaire général, qui peut compter sur son économe diocésain pour serrer les cordons de la bourse. Reste, toutefois, à trouver une dérogation pour le travail du dimanche, fréquent dans l'Eglise catholique.

Les diocèses de Verdun et de Saint-Dié devraient bientôt signer leur propre convention collective, mais la conférence des évêques n'en souhaite pas au niveau national, considérant que chaque évêque reste maître chez lui. «C'est désormais l'enjeu», convient Odile Lévêque. «La convention de Nancy sert de modèle à la CFDT qui souhaite l'étendre à toute la France». Preuve du succès de l'implantation syndicale dans le diocèse nancéien pour la jeune femme, «des prêtres ont demandé à adhérer, mais ils ne le peuvent pas». A leur grand regret.

Patrick PEROTTO