Emmanuelle Casagrande (CFDT), conseillère au SPIP de Verdun depuis 19 ans

Publié le 18/02/2011
« Dans l'affaire de Nantes, on oublie un peu que le responsable c'est le tueur. Le conseiller ne peut pas toujours éviter la récidive. »
Emmanuelle Casagrande (CFDT), conseillère au SPIP de Verdun depuis 19 ans
Emmanuelle Casagrande (CFDT), conseillère au SPIP de Verdun depuis 19 ans
« Dans l'affaire de Nantes, on oublie un peu que le responsable c'est le tueur. Le conseiller ne peut pas toujours éviter la récidive. »

L'Est Républicain, Vendredi le 18 Février 2011 / Ouverture Verdun

 

Le Service pénitentiaire d'insertion et de probation ? Avant l'affaire Laëtitia, à Nantes, le public n'en avait jamais entendu parler. C'est ce service qui est accusé d'avoir commis des fautes dans le suivi du meurtrier de Laëtitia.

À Verdun, Emmanuelle Casagrande est une des trois conseillères qui s'occupent des 386 mesures de suivi sur l'année, mandatées par le juge d'application des peines.

Elle a besoin du soutien de son ministre et demande des moyens supplémentaires pour mener à bien son travail.

Y a-t-il un manque d'effectif au SPIP de Verdun ?

- Clairement. Nous avons perdu deux postes en un an. Nous fonctionnons à trois dont une personne à temps plein, une à 60 % et la dernière qui est stagiaire. Elle ne devrait pas gérer plus de 50 mesures, mais ce n'est pas le cas.

Vous n'êtes donc pas assez. Comment réagissez-vous au quotidien ?

- Nous priorisons les mesures urgentes. Ce qu'il faut savoir c'est que dans notre département, il y a de nombreuses personnes condamnées pour conduite en état d'ivresse ou trafic d'héroïne. Ce qui demande un suivi... La délinquance évolue mais pas nos moyens. Il faut changer notre façon de travailler. Nous ne pouvons pas absorber plus.

Au SPIP de Nantes, il y avait beaucoup d'absentéisme. Qu'en pensez-vous ?

- Personne ne se demande pourquoi. Nous suivons les personnes. Ce n'est pas un public toujours facile. Il y a des gens qui ne sont vraiment pas bien et nous ne pouvons pas rester toujours tout seuls dans notre prise en charge !

Ce qu'il faut savoir c'est que nous ne pouvons pas les brider 24 h sur 24 ! Dans l'affaire de Nantes, on finit par oublier l'auteur des faits... On est atteints dans notre dignité professionnelle. Nous souhaiterions un peu plus de reconnaissance de la part de notre hiérarchie. »

Recueillis par E.F.