Encore dans le mille

Publié le 29/10/2010
Participation en baisse, hier, pour la manifestation barisienne contre la réforme des retraites. Mais saluée par les syndicats unanimes.
Encore dans le mille
Encore dans le mille
Participation en baisse, hier, pour la manifestation barisienne contre la réforme des retraites. Mais saluée par les syndicats unanimes.

L'Est Républicain, Vendredi le 29 Octobre 2010 / 24 heures Meuse 
 

 

Dans la foule, les cheminots de la CGT en grève depuis plus de deux semaines. Photo Daniel WAMBACH

Elle est une figure de la contestation. À sa manière. Sans bouger de chez elle. Jacqueline, 84 ans, a participé à toutes les manifestations organisées à Bar-le-Duc contre la réforme des retraites, avec sa petite pancarte pour témoigner de son soutien. À chaque fois, elle a été applaudie, et hier encore, peu après le départ du cortège de la gare SNCF. Sur le carton qu'elle brandissait depuis la fenêtre de son appartement, Jacqueline tenait à montrer qu'elle restera mobilisée. Comme d'autres...

Ils sont tous sur la même ligne. Les responsables syndicaux meusiens partagent une analyse identique sur cette nouvelle journée de revendication : avec 1.200 personnes dans les rues (sur un parcours classique de la place de la République à la place Reggio, en passant par le boulevard de la Rochelle), c'était beaucoup moins que précédemment, mais « la mobilisation demeure forte », apprécie Doris Warth, le secrétaire départemental de la CGT. 1.200 opposants, les organisateurs ne s'attendaient pas à mieux. « C'était quand même un beau rassemblement », réagissait Dominique Liger, de Force ouvrière, satisfaite en prenant en comte ceux de Verdun et Commercy.

Participation supérieure à d'habitude

Plus de mille manifestants, les syndicalistes soulignent que c'est plutôt rare dans le département. Depuis près de deux mois, on s'était presque habitué à des chiffres de participation véritablement exceptionnels, et jamais vus dans la cité des Duc. « Combien de fois on a dépassé le millier (avant le mouvement contre la réforme des retraites) ? », questionne Ludovic Lerat, de l'UNSA. « Deux : en 2002 (NDLR : pour faire barrage au Front national entre les deux tours de la présidentielle) et contre le CPE (contrat première embauche). »

1.200 participants, « c'est même plutôt bien en période de vacances scolaires », estime Didier Bertrand, le numéro un de la CFDT Meuse. « La loi ayant été votée, on aurait pu s'attendre à une démobilisation. »

Mais justement, l'intersyndicale le martèle : « Ce n'est pas parce que la loi a été votée qu'il faut l'accepter. » Pour ses représentants, les mesures conservent le même caractère d'injustice. Déplorant « le financement qui repose à 80 % sur les salariés » et très peu sur le capital, un projet qui « va retarder l'entrée des jeunes dans le monde du travail », etc.

Inutile donc de considérer la manif d'hier (la septième depuis la rentrée) comme un baroud d'honneur, les syndicats ont d'ores et déjà donné rendez-vous pour le samedi 6 novembre.

« Dans les entreprises, on nous demande de demeurer mobilisés. Après le 6, cela passera peut-être par d'autres formes d'action », explique Didier Bertrand. La lutte ne s'arrêtera pas là...

François-Xavier GRIMAUD

Après la manifestation, un certain nombre de protestataires se sont rendus en centre-ville afin de perturber provisoirement la circulation en plusieurs endroits.