Jeu de massacre

Publié le 24/01/2011
Deux cents enseignants et parents d'élèves ont manifesté, hier à Bar-le-Duc, pour dénoncer l'ampleur des suppressions de postes à la rentrée 2011.
Jeu de massacre
Jeu de massacre
Deux cents enseignants et parents d'élèves ont manifesté, hier à Bar-le-Duc, pour dénoncer l'ampleur des suppressions de postes à la rentrée 2011.



© L'Est Républicain, Dimanche le 23 Janvier 2011 / 24 heures Meuse 
 
Les enseignants meusiens sont sacrifiés sur l'autel de la rigueur budgétaire. Photo D.W.

La pilule est amère chez les enseignants. Les coupes sombres annoncées à la rentrée prochaine les ont poussés à manifester leur colère, hier matin à Bar-le-Duc.

Deux cents personnes ont répondu à l'appel de leurs organisations syndicales - FSU, Sgen CFDT, Unsa, CGT - tandis que des parents d'élèves et quelques élus, dont certains arboraient leur échappe tricolore, se joignaient au rassemblement sous les balcons de la préfecture.

Par un froid glacial, un cortège s'est ébranlé pour sillonner le centre-ville. En passant devant les permanences des parlementaires UMP, Gérard Longuet et Bertrand Pancher, ils ont placardé quelques affiches dénonçant la disparition de 90 équivalent temps plein : 49 postes dans le premier degré alors qu'il est prévu seulement une perte de 338 élèves, 5 postes en collège alors que les effectifs devraient gonfler de 178 élèves (!), 12 en lycée et 24 en lycée professionnel.

« Ces mesures sont intolérables, purement économiques et ne tiennent pas compte des réalités de notre département », déplore Ludovic Lerat (Unsa), pour qui la surdotation de la Meuse (et de la Lorraine) correspond bien à « des besoins exprimés en terme de territoire. La France n'est pas uniforme. En Meuse, il y a moins de six élèves au km2 (35 au niveau national). 53 % de la population habite en zone rurale (18 % au niveau national). 40 % est isolée. Et en dix ans, notre département a perdu un tiers de ses écoles (207 contre 302 en 1999). On demande juste d'arrêter le massacre en tenant compte des spécificités de notre territoire ».

Secrétaire départementale du Sgen-CFDT, Agnès Deforge exprime le désarroi de ses collègues.

« Ils sont assommés par toutes ces réformes prises sans aucune concertation. Tout le monde est dépité face à cette casse inexorable de l'Éducation nationale. Et ce sont les élèves qui vont en pâtir : classes surchargées, suppression de certaines options, moins de suivi des élèves en difficulté ».

Prof de maths depuis vingt ans au lycée Poincaré, Régis Thiriet estime que « la profession est sacrifiée. Le métier n'est plus attrayant (salaire de débutant 1.600 EUR). Il y a une réelle démotivation chez les jeunes ».

Dans la foule, quelques parents étaient accompagnés de leurs enfants.

Jean-Yves Audren de Kerdrel, responsable local FCPE interroge : « n'est-ce pas une école à deux vitesses que le pouvoir veut mettre en oeuvre en détruisant ainsi l'école laïque ? »

Gérard BONNEAU