Le chauffeur entendu ce matin

Publié le 29/09/2011
La fillette a-t-elle informé le chauffeur de son intention de s'arrêter ? L'enquête en cours tentera de répondre à cette interrogation.
Le chauffeur entendu ce matin
Le chauffeur entendu ce matin
La fillette a-t-elle informé le chauffeur de son intention de s'arrêter ? L'enquête en cours tentera de répondre à cette interrogation.

© L'Est Républicain, Jeudi le 29 Septembre 2011 / 24 heures Meuse

 

 

Photo Daniel WAMBACH

« C'est la PREMIÈRE FOIS que l'on connaît une telle situation, qui s'apparente à un malheureux concours de circonstance. En apprenant ce qui s'était passé, on s'est rendu compte qu'il y avait un problème. On a aussitôt contacté la société qui gère la ligne 17 en lui demandant que ses chauffeurs marquent désormais tous les arrêts lorsqu'ils circulent sur une ligne scolaire. »

Désolée pour le désagrément causé à la famille de la petite Laure, collégienne de 11 ans qui avait dû parcourir, à pied et en pleurs, plusieurs kilomètres le long de la RN.135 entre Guerpont et les étangs de Tronville après avoir manqué son arrêt habituel à Longeville (ER du 24 septembre), Martine Aubry, directrice des Transports au conseil général de la Meuse, prône un « service public de qualité » avec des « circuits bien rôdés basés sur le même profil que l'an passé avec quelques aménagements de parcours liés à des fermetures de classes. »

Concernant cette histoire marquée par une plainte de la mère de Laure contre la société de transports, Martine Aubry reste prudente, évoquant, d'après ses informations, une « possible timidité » de l'enfant qui n'avait visiblement pas l'habitude de prendre le bus. « Il se peut qu'elle n'ait pas signalé au chauffeur l'endroit où elle désirait s'arrêter. Il semble également qu'elle ne lui ait pas dit, en quittant le bus quelques arrêts plus loin, qu'elle avait manqué son arrêt à Longeville. En général, le chauffeur garde l'enfant dans son bus et le dépose lorsqu'il effectue le trajet inverse. »

La CFDT réagit

Une version qui devrait ou non être confirmée ce matin au commissariat de Bar-le-Duc, où le chauffeur incriminé doit être entendu. De cette audition dépendront les suites que le Parquet souhaite donner à la procédure.

De son côté et par la voie d'un communiqué signé de son secrétaire Lionel Pouilly, le syndicat CFDT Transports de la Meuse regrette l'incident « qui s'est produit dans la soirée du 20 septembre, précisant que « la fillette n'a pas été oubliée dans un bus mais qu'elle est descendue trois arrêts après son arrêt habituel. » Confirmant que les « arrêts étaient facultatifs » si aucun passager ne le demandait ou n'était présent à un arrêt.

Le syndicat tient enfin à dénoncer les « horaires très serrés » des chauffeurs, horaires qui ne prennent pas forcément en compte les « contraintes techniques, en particulier celles du code de la route ». « Elles sont imposées par le cahier des charges des donneurs d'ordre et font reposer une lourde responsabilité en bout de chaîne, sur le seul conducteur. C'est un peu facile de l'incriminer ! », conclut le communiqué.

Nicolas GALMICHE