Les Indignées de Mon Repos

Publié le 17/10/2011
Le conseil d'administration du CCAS se réunit ce soir. La cessation d'activité du foyer logement du quartier d'Anthouard est à l'ordre du jour.
Les Indignées de Mon Repos
Les Indignées de Mon Repos
Le conseil d'administration du CCAS se réunit ce soir. La cessation d'activité du foyer logement du quartier d'Anthouard est à l'ordre du jour.

© L'Est Républicain, Lundi le 17 Octobre 2011 / Ouverture Verdun

 

Les résidantes sont dans l'attente. Elles veulent des garanties de la part du gestionnaire : le CCAS et donc la mairie de Verdun, mais aussi de la part du propriétaire, la SA VTB.

Elles aimeraient avoir une réponse claire. Ces quinze derniers jours, les visites se sont enchaînées dans la résidence Mon Repos, place Saint-Nicolas. Celles de Samuel Hazard et Jean-Louis Dumont tout d'abord. « Il y a quinze jours environ », rapportent les résidantes. Puis celle du maire de Verdun et de quelques conseillers, « il y a une dizaine de jours », ajoutent-elles. Depuis le mois d'avril, les locataires du foyer logement savent que la mairie a décidé de ne pas renouveler la convention qui la lie à la SA VTB, propriétaire des murs. Elles savent aussi que la mairie leur propose un relogement dans la résidence de Souville, quartier du Faubourg. Comme cela a été le cas pour les résidants du foyer logement de Glorieux. Elles dénoncent depuis des mois cet ultimatum et refusent de se voir imposer un déménagement à 80 ans ou 90 ans passés, en plein hiver qui plus est. Mille signatures ont été récoltées grâce à une pétition lancée par leurs soins et une seconde lancée par l'Union locale des retraités de la CFDT. La mairie, pour autant, ne semble pas décidée à bouger. « Monsieur le maire nous a dit que si on ne bougeait pas, ce serait le tribunal qui trancherait », lance Albertine, 82 ans. « Je n'en dors plus, je n'en mange plus », ajoute Madeleine, 92 ans.

Que fera la SA VTB ?« On n'en sait rien »

Ce soir, le CCAS (centre communal d'action sociale) devrait voter la délibération actant le désengagement de la mairie envers la résidence Mon Repos. Le 31 janvier 2012, la convention entre la municipalité et la SA VTB arrivera à expiration. Le 1er février, que fera le bailleur social, propriétaire des murs, quand le bâtiment lui sera retourné, si les locataires n'ont effectivement pas déménagé ? « On n'en sait rien », se lamente Antoinette, 84 ans. « Ça nous tranquilliserait d'avoir une réponse claire », ajoute-t-elle. « M. Dumont nous a dit que les HLM pourraient reprendre la gestion, ou qu'un nouveau foyer logement pourrait être créé », confie Annie, 70 ans. Mais Jean-Louis Dumont, président de la SAVTB ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet (voir ci-contre). Il aurait tout de même conseillé aux résidantes de ne pas partir. « Ils nous ont dit, avec M. Hazard, de tenir bon. »

Le bâtiment qui abrite le foyer logement Mon Repos a été construit dans les années 1970. « Mais aucune réparation n'a jamais été faite, si ce n'est des bricoles », indique Annie. Depuis quatre ans, les appartements libres de la résidence ne sont pas reloués. Ce qui révèle la volonté de longue date de la mairie de se désengager de la gestion du foyer logement. « Mais on ne demande pas à des gens de déménager à cet âge-là », répète Antoinette. Au rez-de-chaussée de la résidence, pourtant, une pièce entière est remplie de cartons, « apportés par les gens de la mairie », révèlent les résidantes.

Inquiètes devant tant de confusion, jamais elles n'auraient pensé avoir à vivre une telle épreuve en intégrant ces logements. Déterminées à ne pas lâcher, elles attendent aujourd'hui des garanties sur leur avenir à Mon Repos, de la part de toutes les parties. Léa BOSCHIERO