Longue comme la Rochelle

Publié le 03/10/2010
La Meuse manifestante et revendicatrice a fait montre de sa détermination hier après-midi dans les rues de la ville préfecture. Quelque 3.500 manifestants y ont battu le pavé.
Longue comme la Rochelle
Longue comme la Rochelle
La Meuse manifestante et revendicatrice a fait montre de sa détermination hier après-midi dans les rues de la ville préfecture. Quelque 3.500 manifestants y ont battu le pavé.

© L'Est Républicain, Dimanche le 03 Octobre 2010 / 24 heures Meuse 

Une foule dense et compacte unie dans sa détermination . Photos Frédéric MERCENIER 

À manifestation exceptionnelle, parcours inhabituel. Si le départ de la manifestation contre le projet de réforme des retraites s'est fait comme d'accoutumée de la gare SNCF, le nouveau parcours a eu de quoi en dérouter plus d'un. Pourtant pas un manifestant n'a lâché prise et tous se sont massés derrière la banderole de l'intersyndicale au grand complet (CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, Mas/MNCP et FRG/FP). « Pour une réforme des retraites juste et solidaire », telle était la revendication unitaire depuis maintenant trois manifestations.

Rue Allende, rond-point du Mc Do, le long cortège s'est ensuite acheminé tranquillement vers la place Exelmans, la rue des Minimes pour rejoindre, enfin, au grand soulagement de ceux qui ont horreur du changement, le boulevard de la Rochelle. Quoiqu'à contresens par rapport à d'habitude. De quoi faire perdre les repères comptables à ceux chargés, aussi bien du côté des syndicats que des forces de compter le nombre de participants.

Une chose est certaine, sur toute sa longueur entre la rue des Minimes et l'église Saint-Jean, le boulevard était noir de la colère meusienne, rouge, bleu, blanc, orange... de drapeaux syndicaux. Si les syndicalistes annonçaient une participation record de 4.000 personnes tempérée par un près de 3.000 du côté des policiers, les deux parties s'accordaient à reconnaître que les participants étaient encore plus nombreux que le 23 septembre qui était déjà mémorable. Des deux côtés aussi on notait la présence « de nombreuses familles au grand complet, de gens qu'on n'a pas l'habitude de voir dans les manifs, de beaucoup de femmes », tous unis pour la même cause, qu'ils soient syndiqués ou non. Les uns signant la pétition de « soutien à un jeune placé en garde à vue pour un jet d'oeuf ».

Des syndicats satisfaits

Et c'est comme un seul homme que le cortège s'est acheminé vers le parc de Marbeaumont, destination finale et inhabituelle. Choisie, rappelons-le, par les organisations syndicales afin de ne pas exposer les manifestants aux CRS en se rendant place Reggio sous les fenêtres de la préfecture. Où hier, aucun CRS n'était d'ailleurs visible comme s'y était engagée la préfète, tandis que les syndicats s'engageaient de leur côté à déclarer leur itinéraire, s'y tenir et à mettre en place un service d'ordre. De plus, les organisations syndicales avaient pris soin de rédiger et distribuer un appel aux manifestants pour rappeler que « c'est bien le projet du gouvernement qu'il faut combattre et non les forces de l'ordre ».

A priori, un seul petit débordement à mentionner, celui de quatre jeunes Messins qui ont fait un peu de dégâts au niveau des caisses de Casino.

Au terminus, dans le parc pour la majorité, autour du rond-point attenant pour d'autres, un large sentiment prévalait, Bar-le-Duc venait de retrouver sa quiétude revendicatrice laissant à penser que le prochain mouvement du 12 octobre pourrait se dérouler comme au bon vieux temps avec une dislocation place Reggio. À la fin de la manif, c'est d'ailleurs là qu'une poignée d'excités a tenté de drainer les manifestants. En vain.

Karine DIVERSAY