Massivement contre

Publié le 08/09/2010
Trois mille manifestants dans les ruesà Bar-le-Duc pour exprimer leur rejetdu projet de réforme des retraites.
Massivement contre
Massivement contre
Trois mille manifestants dans les ruesà Bar-le-Duc pour exprimer leur rejetdu projet de réforme des retraites.

L'Est Républicain, Mercredi le 08 Septembre 2010 / 24 heures Meuse

 

Le message est simple et clair, il suffit de lire sur le tee-shirt. Photo ER

«Une sacrée belle manif. Et malgré la météo. » Secrétaire départemental de la CFDT, Didier Bertrand partage l'opinion de son homologue de la CGT, Doris Warth : comme annoncé, la mobilisation d'hier, contre le projet gouvernemental de réforme des retraites, s'est révélée supérieure à celle du 24 juin dernier. On a dépassé les trois mille personnes dans les rues meusiennes : jeunes et retraités, salariés et chômeurs, militants syndicaux ou non. « C'était très fort, bruyant, vivant », a apprécié le dirigeantcégétiste.

Cédétiste de longue date, Michel Furdin n'avait jamais vu autant de manifestants à Bar-le-Duc. « C'était impressionnant. J'ai 55 ans et des manifestations, j'en ai faites. » L'utilisation de bombes lacrymogènes, il n'en a pas non plus mémoire. C'est l'autre fait important de cette journée. « On arrive sur la place (Reggio), on fait en sorte que tout le monde approche et on s'en prend plein la tronche », racontait-il, les yeux rougis. Il se montrait d'autant plus choqué qu'en tant que membre du service d'ordre de son organisation, son rôle était justement d'assurer la sécurité de ses camarades. « Bon, il n'y a pas eu d'incident, c'est parfait. Mais le but était de provoquer », déplore-t-il.

« Ce n'est pas aux salariés de payer »

Un avis partagé par Doris Warth. C'est pourquoi la CGT a finalement refusé de faire partie de la délégation reçue par Colette Desprez, la nouvelle préfète de la Meuse, tout en précisant bien qu'elle demeure membre de l'intersyndicale. « Il est difficile de discuter avec quelqu'un qui utilise la lacrymo. Et le gouvernement sait ce qu'on veut. » Discuter d'une autre réforme.

Avec un préalable, un droit de départ à la retraite qui demeure à 60 ans. « Après on peut discuter des aménagements. Parce que contrairement à ce que l'on peut entendre, nous ne sommes pas des irresponsables. »

Les organisations syndicales ont aussi souligné le caractère « injuste » du projet actuel. « Il va toucher les personnes qui ont des carrières interrompues, qui ont connu des périodes de chômage... » Regret unanime sur le manque de prise en compte de la pénibilité des métiers. « Reculer de deux ans l'âge de départ à la retraite, c'est maintenir deux ans de plus les seniors qui sont déjà sans emploi... » La réforme, « c'est aussi un million de chômeurs supplémentaires », déplore Doris Warth. « Il y en a déjà de trop. »

Suivant ce que les confédérations décideront aujourd'hui, les responsables syndicaux ne doutent pas de la capacité à remobiliser massivement et très rapidement s'il le faut. « Les salariés sont motivés. On voit des gens que l'on ne voyait pas », souligne Didier Bertrand. On a vu Force Ouvrière également, qui était absente les précédentes fois. Solidaire du mouvement, mais pas des revendications. « Nous sommes pour un retrait total de la réforme : 60 ans, c'est bon ! », tempête Dominique Liger, la secrétaire générale. S'il y a quelque chose à modifier, c'est le mode de financement. « Assez de cadeaux au Medef et au patronat. On n'a qu'à prendre les sous où il y en a. Ce n'est pas aux salariés de payer. » FO qui, pour se faire comprendre, n'abandonne pas son idée de grève générale reconductible, sans convaincre jusque-là de partenaires.

François-Xavier GRIMAUD