Motivés deux fois plus

Publié le 24/09/2010
Deux cortèges se sont réunishier matin à Verdun pour défendre les retraites.L'un venait de l'hôpital où une manifestation accueillait l'ARS, en visite dans la cité de la Paix.
Motivés deux fois plus
Motivés deux fois plus
Deux cortèges se sont réunishier matin à Verdun pour défendre les retraites.L'un venait de l'hôpital où une manifestation accueillait l'ARS, en visite dans la cité de la Paix.

L'Est Républicain, Vendredi le 24 Septembre 2010 / 24 heures Meuse 
 

 

Rassemblement des deux cortèges pour défendre d'une même voix les retraites.

Cette manifestation-là était prévue de longue date. L'Association régionale de santé (ARS) en visite à l'hôpital Saint-Nicolas de Verdun ? À l'appel de l'intersyndicale CFDT-CGT-FO, les salariés et usagers du centre hospitalier étaient présents dès 9 h hier matin pour accueillir comme il se doit ces « représentants de la politique gouvernementale ». Hygiaphones, pancartes et slogans à gogo. Ils disent non aux 22 mesures du plan de retour à l'équilibre dans leur hôpital : « C'est un outil de restructuration qui condamne purement et simplement le service public », avance Jacky Nicolas, secrétaire départemental du Parti communiste et conseiller régional honoraire de Lorraine.

Alors que le cortège déambule entre les bâtiments de l'hôpital, Pierre Jacquinot (FO) reprend des chiffres mis en avant la veille par la direction (notre édition d'hier) : « De janvier à décembre, le CH a réussi à économiser 560.000 EUR ! Cela équivaut à 60 emplois en moins... Depuis un an, nous avons perdu 100 postes ! Et on nous dit qu'on est sur la bonne voie... Mais quelle voie ? Une voie de garage ? »

Le projet de l'ARS fait peur dans les rangs. « L'hôpital va devenir une entreprise comme les autres... C'est elle qui nommera les directeurs à la tête des hôpitaux. S'ils ne suivent pas leurs objectifs, ils pourront être remerciés du jour au lendemain. »

Criant leur désaccord alors que les membres de l'ARS ont réussi à entrer dans les locaux « par un portail qui est d'habitude fermé », les manifestants ont ensuite rejoint leurs « camarades » pour un autre combat : les retraites.

700 manifestants

La joie éclate lorsque tous se retrouvent à l'intersection de deux rues. Au total, 700 personnes ont défilé, soit 100 de plus qu'à la journée de mobilisation du 7 septembre. Jusqu'à un arrêt final devant la sous-préfecture de la Meuse dans une folle ambiance : les manifestants sont déchaînés... Solennellement et accompagné par des cris de solidarité, Patrice Ancelin, secrétaire départemental de la FSU, au nom de l'intersyndicale se lance : « Cette réforme des retraites injuste et inégalitaire, nous n'en voulons pas ! Nous sommes là pour dire haut et fort : non à travailler plus pour gagner moins... »

Heureux d'un constat sur ce rendez-vous social verdunois : « Il y a plus de jeunes, plus de monde. Des gens qui ne sont pas des habitués des manifestations ». Le mouvement serait-il en train de prendre de l'ampleur ?

Émilie FIEROBE