Public-privé : même combat

Publié le 28/09/2011
À Bar-le-Duc, deux cents manifestants ont défilé dans les rues pour dénoncer les suppressions de postes et la dégradation des conditions d'enseignement.
Public-privé : même combat
Public-privé : même combat
À Bar-le-Duc, deux cents manifestants ont défilé dans les rues pour dénoncer les suppressions de postes et la dégradation des conditions d'enseignement.

© L'Est Républicain, Mercredi le 28 Septembre 2011 / 24 heures Meuse

 

Des jeunes se sont joints au cortège pour soutenir la démarche de leurs aînés. Photos Daniel WAMBACH

Même si le soleil flamboyant laissait planer une douce atmosphère d'école buissonnière, les deux cents manifestants qui ont défilé, hier après-midi au chef-lieu, étaient remontés comme des coucous pour crier leur colère face à ce qu'ils jugent « une véritable casse de l'école ».

Au coude à coude, enseignants, agents des services techniques, Atsem des classes maternelles, administratifs, agents d'entretien, auxquels se sont joints une trentaine de jeunes et quelques parents d'élèves, se sont rendus en cortège jusqu'à l'inspection académique.

« On se retrouve avec nos collègues du privé car nous avons les mêmes difficultés. Les conditions d'enseignement se dégradent partout », constate Agnès Déforge (SGEN CFDT).

« Ça fait quatre cinq ans qu'on répète que nous sommes sur une pente glissante. Là, on dépasse la cote d'alerte », ajoute Ludovic Lerat (UNSA) en détaillant les 303 suppressions de postes dans le public à la rentrée : 90 enseignants, 6 administratifs, 7 surveillants et 200 emplois de vie scolaire.

Corollaire de cette « saignée », des classes surchargées par endroits, comme à l'école Edmond-Laguerre de Bar-le-Duc (27 à 29 élèves en maternelle), des effectifs en Seconde qui ne descendent pas en dessous du seuil de 36 alors que les enseignements sont alourdis par de nouvelles matières.

« On applique la réforme des lycées à l'arrache. Et tant pis pour les conditions de travail. C'est de la gestion purement mathématique », déplore Patrice Ancelin (FSU).

En bon militant, Doris Warth (CGT) lâche l'antienne incontournable : « L'Éducation c'est un investissement pour l'avenir. Il faut arrêter de sortir la calculette ». Tout le monde acquiesce.

Quelques manifestants du privé se sont joints au cortège. L'ensemble scolaire Jean-Paul II a enregistré 60 élèves en plus à la rentrée, mais les effectifs d'enseignants sont restés stables. Alors il faut rajouter des tables dans classes pour accueillir les nouveaux.

Victime de son succès, l'établissement privé s'inquiète pour l'avenir de sa démarche éducative. Et, fait exceptionnel qui témoigne du malaise ambiant, la moitié des 42 enseignants étaient grévistes hier.

Leurs collègues du public n'ont d'ailleurs pas été en reste. Avec comme d'habitude, des chiffres controversés selon les sources.

D'un côté, il faut se contenter de statistiques officielles pour l'ensemble de l'académie, faisant fi de toute déclinaison départementale : 27 % de professeurs absents dans le premier degré, 25 % dans les collèges et de 15 à 18 % dans les lycées.

De sources syndicales, les pointages relèvent 40 % dans le primaire selon Ludovic Lerat, 25 à 35 % dans les collèges et même 45 % au lycée Raymond-Poincaré de Bar-le-Duc selon Patrice Ancelin.

Une seule certitude, les enseignants en ont ras le bol et ils l'ont fait savoir.