Rhovyl à l'arrêt total

Publié le 21/04/2010
Une première chez le fabricant de chlorofibres, à Tronville-en-Barrois : une partie du personnel s'est mise en grève après l'échec des négociations salariales.
Rhovyl à l'arrêt total
Rhovyl à l'arrêt total
Une première chez le fabricant de chlorofibres, à Tronville-en-Barrois : une partie du personnel s'est mise en grève après l'échec des négociations salariales.

Mercredi 21 Avril 2010, © L'Est Républicain

Une première chez le fabricant de chlorofibres, à Tronville-en-Barrois : une partie du personnel s’est mise en grève après l’échec des négociations salariales.De mémoire de salarié, c’est du « jamais vu ». Jamais l’usine Rhovyl de Tronville-en-Barrois, spécialiste mondial de la fabrication de chlorofibres pour l’habillement, n’avait cessé de fonctionner. Les chaînent tournent sept jours sur sept, 24 heures sur 24, toute l’année, excepté durant le mois d’août lors des vacances. Même le dimanche et les jours fériés, même à Noël et au Nouvel an, la production continue. S’il y a eu, par le passé, des actions parmi le personnel, « c’était des débrayages de deux heures, pas d’arrêt ». C’est dire que la grève débutée hier après-midi apparaît comme un événement historique pour cette entreprise de quarante-sept personnes. En grève, la fabrication, la mécanique, le laboratoire et le magasin.La cause : l’échec des négociations salariales à l’issue de la troisième et dernière réunion programmée. « Il ne s’agit pas d’un mouvement syndical », précise Jean-Luc Rostoucher, l’unique délégué syndical, étiquette CFDT. « Tout l’inverse, ce sont les salariés qui ont pris la décision de s’arrêter. Bien sûr, je soutiens et je participe. » La grogne est forte à en juger par Jles calicots accrochés aux entrées du site : « Ras le bol » et « Direction irresponsable ».« On balade les gens d’un poste à l’autre, il faut valoriser ça. »Les Rhovyl déplorent de n’avoir obtenu aucune réponse satisfaisante. Notamment concernant l’augmentation des rémunérations : pas question d’accepter une hausse moyenne de 1,8 %. Pas quand on souhaitait 45 € net, avec un rattrapage pour la grille de salaires la plus basse. « On revendique depuis trois ans un réajustement de la courbe des coefficients. »Le désaccord avec la direction porte aussi sur la répartition des charges de travail. « On n’est plus assez alors qu’on produit beaucoup. On reste le même nombre pour faire davantage de boulot », souligne Jean-Luc Rostoucher. « On réclame des embauches. » Cette exigence s’accompagne d’une reconnaissance de la polyvalence. « On balade les gens d’un poste à l’autre, il faut valoriser ça. » Un homme gréviste glisse : « Eux (les dirigeants), ils parlent seulement d’adaptation. »Et tout le monde d’estimer qu’une prise de conscience du problème manque. « On aimerait pouvoir en discuter. Il n’y a pas de dialogue. » Regrettant que leur PDG ne se soit pas déplacé pour négocier.


François-Xavier GRIMAUD