Six cents manifestants à Verdun

Publié le 08/09/2010
« À l'assaut ! Chargez ! » Réaction ironique d'un manifestant, hier matin, dans les rues de Verdun.
Six cents manifestants à Verdun
Six cents manifestants à Verdun
« À l'assaut ! Chargez ! » Réaction ironique d'un manifestant, hier matin, dans les rues de Verdun.

L'Est Républicain, Mercredi le 08 Septembre 2010 / 24 heures Meuse

 

 

« Mais regardez ! Ils ont barricadé la sous-préfecture... Ils doivent avoir peur de nous. » En effet, des barrières en fer ferment l'accès au bâtiment public avec un gros service d'ordre mobilisé à l'entrée. Porte close également à la mairie. « C'est la deuxième fois qu'ils nous font le coup. D'habitude, nous pouvons entrer dans la cour... », explique Christiane, 50 ans, l'air surpris.

Pourtant, la manifestation verdunoise s'est déroulée hier matin dans une ambiance bon enfant, entre sifflets et revendications. Certes, avec plus de participants qu'à l'accoutumée : 500 selon la police, 600 selon les organisateurs... Avec en première ligne, les syndicats de l'hôpital Saint-Nicolas, mobilisés pour leur retraite avant leur manifestation bien à eux, le 23 septembre prochain. Partir à 62 ans ? « Il faut penser aux métiers pénibles », souligne Claude Nicolas, secrétaire général de la CGT du centre hospitalier. Chiffres à la clé, il donne l'exemple des aides-soignants, activité méconnue pour ses conséquences sur la santé au quotidien : « 35 % d'entre-eux ne peuvent pas aller jusqu'à la fin de leur carrière. Ils ont des problèmes de dos car ils doivent porter des patients pour pouvoir s'en occuper. »

Pas loin de lui, Maud Willemin, 29 ans, travaille à l'hôpital depuis 10 ans. Elle pense déjà à sa retraite : « On est tous concernés, c'est maintenant qu'il faut se défendre », lance-t-elle à l'adresse des jeunes, moins présents que les plus âgés dans le cortège.

Fin de la manifestation, Ludovic Laurent, se fait la voix de tous les syndicats organisateurs : le sien, l'UNSA, mais aussi la CGT, la CFDT, FO, l'Association de chômeurs et précaires... Tous les représentants ont été reçus par le sous-préfet François Beyriès qui fera suivre leurs revendications. Force Ouvrière se distingue en demandant le retrait pur et simple de la réforme. Mais ils sont tous très loin de s'avouer vaincus. Et n'ont qu'un mot à la bouche : « résistance ».

E.F