Sodetal : ça chauffe toujours

Publié le 10/05/2011
Ils n'en sont pas encore à leur 13e jour de grève mais réclament toujours leur 13e mois.
Sodetal : ça chauffe toujours
Sodetal : ça chauffe toujours
Ils n'en sont pas encore à leur 13e jour de grève mais réclament toujours leur 13e mois.

L'Est Républicain, Mardi le 10 Mai 2011 / 24 heures Meuse

 

De jour comme de nuit, les salariés maintiennent un piquet de grève devant l'usine. Photo Daniel WAMBACH

Entrés hier, dans leur deuxième semaine de mouvement social, quelque deux cents employés de la tréfilerie Sodetal de Tronville-en-Barrois entendent bien poursuivre leur action.

« Hier matin nous avons été appelés par la direction. On nous a demandé de reprendre le travail pour que des discussions soient ouvertes après », résume Recep Zengin, délégué syndical CGT. Consulté, le personnel gréviste a refusé en masse le chantage. « On se voyait mal reprendre le boulot, comme ça, sans rien », lâche un ouvrier convaincu que la grève doit se poursuivre, « parce que notre demande est légitime. »

Recep Zengin de détailler : « les promesses sur les intéressements n'ont pas été tenues. Ça a été l'élément déclencheur pour demander un 13e mois. D'autant plus que dans le groupe nous sommes les seuls à ne pas en avoir. »

Alors, la moyenne de 15 EUR d'intéressement par... trimestre, ils préfèrent la laisser aux patrons. « Pendant la crise, sans travail, on avait plus que ça ! Aujourd'hui l'activité a repris, le carnet de commandes est plein. L'effort des salariés est là, on fait des heures supp, mais il n'y a pas de contrepartie pour les salariés », regrette le délégué syndical. Majoritaire dans l'entreprise depuis juin 2010, la CGT espère tout de même qu'une issue favorable sera rapidement trouvée. « Si la direction compte avoir les gens à l'usure, l'entreprise sera perdante, le climat social s'en trouverait dégradé ».

Les grévistes sont déterminés à obtenir gain de cause, y compris des militants CFDT qui ont rejoint le mouvement malgré l'absence d'appel de leur représentant. Outre le maintien du dialogue avec la direction, les manifestants n'ont pas rompu les ponts avec les non grévistes. « On comprend que certains ne peuvent pas se permettre de faire grève, mais ce 13e mois sera pour eux aussi. On ne les empêche pas d'aller travailler. On bloque juste les entrées et sorties de marchandises », précise Recep Zengin.

Et au gré des heures et des jours qui passent, des pneus brûlent, la circulation sur la RN 135 est filtrée et des tracts sont distribués. Comme lors de la précédente grève, en 2007, qui portait sur un nouveau quota horaire sans revalorisation salariale. Point sur lequel la direction d'alors avait abdiqué.

Karine DIVERSAY