Verdun en ébullition

Publié le 13/10/2010
Mille personnes, dont cinq cents lycéens, ont manifesté dans les rues de la Cité de la Paix
Verdun en ébullition
Verdun en ébullition
Mille personnes, dont cinq cents lycéens, ont manifesté dans les rues de la Cité de la Paix

 

Une manifestation qui s'est déroulée dans une atmosphère bon enfant.

« Il y a encore plus de monde que lors de la manifestation contre le contrat première embauche. » Le conseiller régional Jean-François Thomas est impressionné par la foule qui se déverse rue Mazel. Un millier de manifestants, dont cinq cents lycéens et collégiens, ont manifesté hier matin dans les rues de Verdun contre la réforme des retraites dans une atmosphère plutôt bon enfant.

Au long du cortège, les slogans ont fusé de toutes parts, et notamment du côté des lycéens et collégiens de Margueritte, Alain-Fournier, Freyssinet et Buvignier. De « Sarko, si tu savais, ta réforme, où on se la met » à « Sarko démission ! » en passant par « Sarko, entends-tu ? », les potaches ont poussé la chansonnette parfois très loin. « S'ils mettent la retraite à 70 ans, on sera mort avant d'y avoir droit », s'insurge Emmanuelle 19 ans, élève de terminale STSS du lycée Margueritte, groupe Vauban. « On veut nos retraites mais pas au cimetière », enchaîne Mélanie, 18 ans. « Vous savez, on sait tous pourquoi on manifeste », ajoute Sophie, 18 ans, qui étudie en terminale S à Margot.

« Métro, boulot, caveau »

En tout cas, les calicots distillés ça et là en disent long sur l'inquiétude profonde des manifestants verdunois. Ce « Métro, boulot, caveau » brandi par un syndiqué FO exprime le pessimisme qui règne chez nombre de salariés. « Travailler plus longtemps est un non-sens en période de montée du chômage », renchérit cette manifestante proche du Parti communiste.

Car des représentants des partis politiques de gauche participaient à la manifestation aux côtés de l'intersyndicale composée de la CFDT, la CGT, FO, l'UNSA, Solidaires, la CFE-CGC, la CFTC et la FSU. Le cortège a défilé à peu près en bon ordre, sauf à l'approche du monument A la Victoire où environ 200 lycéens se sont dégourdis les jambes en gravissant les 73 marches de l'édifice avant de reprendre place dans la manifestation.

Arrivés devant la sous-préfecture, les manifestants se sont installés sur les marches et Pierre Lehalle-Grevier, délégué CFE-CGC, a fait un discours au nom de l'intersyndicale pour rappeler que les opposants verdunois au projet gouvernemental continuent à être de plus en plus nombreux : « Nous sommes encore et toujours là et nous continuons à relever le défi ! »

La preuve, l'intersyndicale a prévu une nouvelle manifestation samedi 16 octobre à 10 h dont le départ est à nouveau prévu devant le parking du 8-Mai. Alors qu'une centaine de lycéens et collégiens ont prouvé durant tout l'après-midi qu'ils avaient des fourmis dans les jambes en manifestant aux quatre coins de la ville, bloquant au passage les automobilistes sur la Stratégique et mettant sur le qui-vive les policiers.